AIF 2025 : la France confirme son partenariat stratégique avec le Kazakhstan

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AIF 2025 : la France confirme son partenariat stratégique avec le Kazakhstan | journaldeleconomie.fr

Carton plein pour la France. Le Forum international d’Astana (AIF 2025) — le second du genre initié par le président Kassym-Jomart Tokaïev — a permis de réaffirmer les liens qui unissent Paris et Astana. Un jour avant la tenue de l’AIF 2025, un forum exceptionnel France-Kazakhstan, qui a mêlé accords économiques, projets éducatifs et culturels, et dialogue institutionnel approfondi, et qui a permis de confirmer, une nouvelle fois, que leur relation bilatérale dépasse largement le cadre d’une simple coopération économique.

Un forum exceptionnel France-Kazakhstan en amont de l’AIF 2025

Le 28 mai, à la veille de l’AIF 2025, un forum bilatéral France-Kazakhstan s’est tenu à l’hôtel St. Regis d’Astana, organisé par le MEDEF International. Cet événement a rassemblé environ 300 participants, dont plus de 40 dirigeants d’entreprises françaises, marquant ainsi la plus importante délégation hexagonale jamais accueillie au Kazakhstan. Dix-sept accords ont été signés dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, la santé, le numérique, l’agriculture et la formation professionnelle, (représentant un investissement cumulé de 20 milliards d’euros depuis 2005). La délégation française était conduite par Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur, et comprenait notamment Bruno Fuchs, président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Parmi les entreprises présentes figuraient TotalEnergies (éolien), Alstom (ferroviaire), Air Liquide (hydrogène), Danone, Lactalis, Lidea (agroalimentaire), EDF (nucléaire) et CleverCloud (numérique). Le Premier ministre kazakh, Olzhas Bektenov, a déclaré en ouverture : « La coopération avec la France est l’une des priorités absolues de la politique étrangère du Kazakhstan ». De son côté, Laurent Saint-Martin a souligné que cette rencontre « marque une étape décisive dans l’intensification de nos partenariats avec le Kazakhstan, dans tous les secteurs stratégiques, de l’énergie à la santé en passant par le numérique ». Sourires et poignées de main chaleureuses se sont ensuite succédé entre les représentants des deux délégations. Il faut dire que la France est aujourd’hui le deuxième partenaire économique européen du Kazakhstan, derrière l’Italie, et le cinquième au niveau mondial. Le commerce bilatéral entre les deux pays a atteint 5,5 milliards de dollars en 2024, en hausse de 31 % par rapport à l’année précédente. Au total, ce ne sont pas moins de 200 entreprises françaises qui sont présentes sur le sol kazakh, captant à elles seules environ 15 % des investissements directs étrangers européens dans le pays.

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Au-delà de l’économie, la coopération s’est élargie aux volets culturel et éducatif. Le 28 mai, Bruno Fuchs a notamment posé la première pierre du futur collège français d’Astana, en présence de représentants de l’AEFE. Cet établissement quadrilingue (français, anglais, kazakh, russe), dont l’ouverture est prévue courant 2026, accueillera jusqu’à 800 élèves de la maternelle au lycée, avec un internat de 400 places. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’inauguration, en septembre 2024 à Paris, du Centre culturel kazakh Korkut. Le président de la Commission des affaires étrangères a également été reçu à l’Assemblée du peuple du Kazakhstan, qui représente 130 ethnies et a célébré son trentième anniversaire le 9 mai 2025. Autant d’initiatives qui témoignent de la relation privilégiée que les deux pays s’emploient à construire dans la durée.

Crédit : Assemblée du peuple du Kazakhstan

Un nouveau carrefour diplomatique entre Europe et Asie

Les 29 et 30 mai 2025, l’Astana International Forum (AIF 2025) a réuni plus de 5 000 participants issus de 70 pays, confirmant l’ambition du Kazakhstan d’être une plateforme diplomatique pour un ordre international en pleine mutation. En ouverture de la première session plénière, le président kazakhe Kassym-Jomart Tokaïev a pris la parole pour exposer sa vision face aux fractures géopolitiques actuelles : « L’ordre mondial d’après-guerre se fragmente. Le protectionnisme monte. Le multilatéralisme vacille. Dans ce désordre émergent, notre tâche est claire : préserver la coopération là où elle existe encore, et la restaurer là où elle s’est effondrée… C’est ce que nous poursuivons fermement au Kazakhstan : L’unité dans la diversité ».

Le Kazakhstan, plus grand pays enclavé du monde, a fait de la neutralité active et du non-alignement la pierre angulaire de sa politique étrangère. Depuis l’arrivée au pouvoir en 2019 de Tokaïev, cette diplomatie dite multivectorielle vise à faire du Kazakhstan le trait d’union naturel — se positionnant comme alternative à la Russie et en concurrence avec la Turquie — entre l’Europe, l’Asie, et le Moyen-Orient. Alternative aux grandes puissances régionales, cette puissance moyenne, qui concentre près de 15 % des réserves mondiales en terres rares, 40 % de l’uranium, et qui regorge de pétrole et de gaz, canalise aujourd’hui près de 80 % du fret ferroviaire transitant par le Corridor du Milieu entre la Chine et l’Europe — un chiffre en hausse de 62 % entre 2023 et 2024. Une position géographique hautement stratégique, et largement renforcée depuis la guerre en Ukraine, qui lui a permis de capter plus de 60 % des investissements directs étrangers totaux en Asie centrale. S’appuyant sur celle-ci, sa doctrine, et ses ressources, le vice-ministre des Affaires étrangères, Roman Vassilenko, a ainsi tenu à assurer lors d’un point presse le 28 mai 2025 que : « Le Kazakhstan, carrefour historique de cultures et de civilisations, est prêt à assumer ce rôle (de pivot stratégique). »

À travers ce grand rendez-vous diplomatique, universitaire, institutionnel et économique, le Kazakhstan a pu réaffirmer son ambition tout en promouvant une nouvelle forme de gouvernance internationale. Autant d’éléments qui confirment l’importance croissante de ce pays d’Asie centrale sur l’échiquier mondial, et qui attestent que la relation entre Paris et Astana, loin de se limiter à de simples échanges économiques, s’inscrit dans le temps long au travers d’un véritable partenariat stratégique renforcé.

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