Airbag Takata : après un nouveau drame, que risque réellement l’automobiliste ?

L’airbag Takata a tué à nouveau lors d’un accident à La Réunion. En France, 2,5 millions de véhicules sont visés par un rappel obligatoire

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Airbag Takata La réunion
Des milliers d’automobilistes doivent encore remplacer leur airbag Takata en France. | journaldeleconomie.fr

Un automobiliste de 23 ans a été tué à La Réunion en raison de l’explosion d’un airbag Takata. Face à ce nouveau drame, le parc concerné en France — évalué à près de 2,5 millions de véhicules — s’impose comme l’un des rappels automobiles les plus larges jamais déclenchés.

Un accident tragique qui rappelle l’urgence de la crise Takata

Dans la nuit du 29 au 30 novembre 2025, à La Réunion, l’airbag Takata d’un véhicule a explosé. L’autopsie a confirmé que la cause du décès était un fragment métallique projeté par le gonfleur d’airbag. 

Ce n’est pas un cas isolé. En juin 2025, une conductrice a trouvé la mort à Reims après l’explosion de son airbag Takata à l’occasion d’un accident de la route. L’analyse médico-légale a désigné sans équivoque le dispositif de sécurité comme cause de la mort. Au total, une vingtaine d’accidents mortels auraient été causés par un airbag Takata défectueux.

Face à cette accumulation de tragédies, le Ministère des Transports a décidé de frapper fort. Depuis le 24 juin 2025, après l’accident mortel du 11 juin survenu à Reims, un rappel massif de tous les véhicules équipés d’airbags sensibles est en cours, quelle que soit leur ancienneté, accompagné d’une mise en « stop drive » (interdiction de rouler) pour 1,7 million d’entre eux.  Au total, 2,5 millions de véhicules seraient concernés par le dispositif d’urgence.

Pourquoi des airbags Takata continuent de tuer des années après leur fabrication

Le problème vient du type de gonfleur utilisé par Takata : un propulseur chimique à base de nitrate d’ammonium stabilisé (PSAN). Avec le temps, ce composant devient instable, surtout dans des environnements exposés à la chaleur ou à l’humidité. En cas d’ouverture — accident ou parfois même sans collision — la détonation peut projeter des éclats métalliques à grande vitesse

Même après la disparition du groupe Takata, placé en faillite en 2017, les véhicules équipés de ses airbags restent nombreux sur les routes françaises. Les modèles concernés couvrent une large période de production, allant de la fin des années 1990 jusqu’au début des années 2010 selon les marques, mais certains constructeurs ont reconnu des montages plus tardifs, jusqu’en 2019 pour quelques modèles. Ces airbags considérés « à risque » font désormais l’objet d’un rappel rendu obligatoire par un arrêté publié en 2025, qui fixe pour objectif leur remplacement complet d’ici la fin de l’année 2026.

Que devez-vous faire si vous possédez un véhicule concerné

Tout automobiliste français doit désormais vérifier si son véhicule figure parmi ceux visés par le rappel. Vous pouvez consulter la liste des modèles concernés via le site web du constructeur ou du ministère, en utilisant le numéro d’identification (VIN) de votre voiture. 

Si votre véhicule est concerné, le bon réflexe est immédiat : ne plus l’utiliser — surtout depuis l’extension de la procédure « stop drive ». Le ministère précise que l’interdiction de circuler concerne les voitures à risque, quelle que soit leur ancienneté

Dans l’attente du remplacement de l’airbag, les constructeurs sont tenus de proposer une solution de mobilité — voiture de prêt, remorquage, etc. — pour les utilisateurs concernés.  Et si vous achetez un véhicule d’occasion, réclamez l’attestation de remplacement de l’airbag : sans ce document, vous héritez de tout risque.

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