Albert II face aux juges : la fin d’un privilège princier à Monaco ?

Le prince Albert II, plongé dans une tempête judiciaire après une plainte en diffamation, voit son immunité rejetée.

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Dans une affaire qui attire l’attention en France et à Monaco, le prince Albert II se retrouve au cœur d’une polémique juridique après une plainte en diffamation déposée par Claude Palmero, son ancien comptable. La plainte concerne des propos rapportés dans une interview parue dans le magazine Le Point. Le tribunal de Nanterre a récemment tranché sur une question déterminante : l’immunité de juridiction invoquée par le prince. Cette décision relance une guerre médiatico-judiciaire complexe au sein de la principauté, déclenchée par des accusations diffusées sur le site anonyme « Dossiers du Rocher ».

Qui est concerné et quels sont les faits

D’après BFMTV, le prince Albert II, chef de l’État monégasque, est mis en cause dans le cadre d’une plainte en diffamation déposée par Claude Palmero, ancien comptable de la famille princière. Palmero estime que les propos attribués au prince dans l’interview lui portent préjudice. Étienne Gernelle, directeur de la publication de Le Point, est également visé par la plainte.

Selon Palmero, tout a commencé avec la diffusion des « Dossiers du Rocher » à la fin 2021, qui mettaient en cause quatre proches du prince, dont lui-même, accusé de collusion. Les conséquences ont été rapides : Palmero a été limogé en juin 2023, puis un audit a mis au jour des « techniques de gestion peu orthodoxes ».

Plus récemment, la justice française a rejeté l’immunité demandée par le prince. Le tribunal de Nanterre a estimé, le 4 février, que l’immunité ne s’appliquait pas dans ce litige de procédure civile, distinct des poursuites pénales où l’immunité pourrait être plus pertinente.

Les juges ont examiné point par point les déclarations attribuées au prince Albert II. Ils ont notamment relevé que les passages de l’entretien au Point où le prince évoquait le « sentiment de trahison » vis-à-vis de Palmero relevaient d’une sphère privée. De ce fait, l’immunité ne pouvait pas être opposée dans cette procédure civile.

L’affaire est d’autant plus complexe qu’elle mêle la gestion de la fortune privée de la famille Grimaldi et des biens de la couronne. Malgré le rejet de l’immunité, le palais princier et l’avocat du prince Albert II ne se sont pas encore exprimés officiellement sur la décision, ni indiqué s’ils allaient interjeter appel. Sans commentaire immédiat de leur part, la suite judiciaire reste incertaine.

Le volet médiatique et judiciaire

Cette affaire s’inscrit dans ce que plusieurs protagonistes présentent comme une « vendetta » judiciaire et médiatique à Monaco. Depuis le limogeage de Palmero en juin 2023, l’affaire a pris une autre tournure avec la diffusion par Palmero lui-même de secrets de la famille princière dans les médias.

Me Virginie Tesnière, avocate de Claude Palmero, estime que la décision du tribunal permettra à son client de rétablir son honneur lors d’un procès équitable en France. Elle dénonce ce qu’elle considère comme une campagne injuste dirigée contre lui.

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