Le 24 février 2026, Apple a officialisé une mise à jour majeure de ses outils de vérification d’âge. L’annonce, publiée sur son site développeur, précise : « Aujourd’hui, nous fournissons une mise à jour sur les outils disponibles pour les développeurs afin de répondre à leurs obligations d’assurance d’âge ». Derrière cette phrase technique se cache un changement très concret pour les utilisateurs d’iPhone et d’iPad. L’App Store devient un point de contrôle plus strict, chargé d’empêcher les mineurs d’accéder à certaines applications, en réponse à des lois adoptées notamment en Australie, au Brésil, à Singapour ainsi que dans les États américains de l’Utah et de la Louisiane.
Apple renforce le contrôle de l’âge : ce qui se passe quand vous téléchargez une application
Imaginons la scène. Vous ouvrez l’App Store sur votre iPhone. Vous trouvez une application classée 18+. Vous appuyez sur « Télécharger ». Jusqu’ici, rien d’inhabituel. Désormais, dans certains pays, une vérification supplémentaire peut s’interposer. Selon The Verge, « les utilisateurs en Australie, au Brésil et à Singapour ne peuvent pas télécharger des applications classées 18+ à moins que leur âge n’ait été confirmé ». Autrement dit, tant que le système Apple n’a pas validé que vous êtes majeur, le téléchargement est bloqué.
Ce point est essentiel : le contrôle ne se fait plus uniquement au niveau de l’application elle-même. Il intervient en amont, directement au niveau de la boutique. Apple parle de « méthodes raisonnables » de confirmation d’âge, vérifiées automatiquement par la plateforme, selon The Verge. Le filtre devient structurel. Pour l’utilisateur adulte, cela peut se traduire par une étape supplémentaire ponctuelle. Pour un mineur, en revanche, c’est un mur numérique.
Applications, API et vérification : comment Apple partage (ou non) l’âge avec les développeurs
Derrière l’interface simple de l’App Store se cache un mécanisme plus technique : l’API « Declared Age Range ». Apple a annoncé que des mises à jour de cette API sont disponibles en version bêta. Concrètement, cela signifie qu’une application peut recevoir une catégorie d’âge — par exemple “adulte” ou “mineur” — sans obtenir la date de naissance précise de l’utilisateur. Apple insiste sur ce point : il s’agit de transmettre une tranche d’âge, pas une information personnelle détaillée.
L’API peut également indiquer si des exigences réglementaires liées à l’âge s’appliquent à l’utilisateur et si celui-ci est tenu de partager sa tranche d’âge. TechCrunch précise aussi que le système pourra signaler si une autorisation parentale ou d’un tuteur est requise pour des mises à jour importantes d’applications destinées aux enfants. Dans certains cas, l’appareil peut même transmettre un signal sur la méthode utilisée pour l’« assurance d’âge », selon les informations publiées par Apple. Le contrôle ne repose plus uniquement sur une déclaration manuelle : il peut s’appuyer sur des éléments validés par l’écosystème Apple.
Apple face aux lois sur les mineurs : qui est vraiment responsable ?
Apple agit, mais ne porte pas tout le poids juridique. Le groupe rappelle que les développeurs peuvent avoir des obligations distinctes de vérifier indépendamment que leurs utilisateurs sont majeurs. Même si l’App Store bloque certains téléchargements 18+, une application peut être tenue, selon la loi locale, de procéder à sa propre vérification. Ce modèle montre une évolution stratégique : Apple ne se contente plus d’héberger des applications. Le groupe structure désormais une partie du contrôle réglementaire au niveau du smartphone lui-même.
Pour un adolescent qui utilise l’iPhone familial, la différence sera tangible. Une application classée 18+ ne pourra plus être téléchargée si le système ne confirme pas la majorité. Pour les parents, la nouveauté réside dans l’intégration plus forte du contrôle dans l’écosystème Apple. Si une application destinée aux enfants nécessite une autorisation parentale pour une mise à jour majeure, le système peut le signaler.




