Baisse de la TVA sur l’électricité et les produits de première nécessité : les gains pour votre portefeuille

Un changement discret mais concret de la TVA se prépare : en jouant sur les taux appliqués aux produits de première nécessité et à l’électricité, le budget 2026 promet des gains ciblés pour les ménages.

Publié le
Lecture : 3 min
Baisse de la TVA sur l’électricité et les produits de première nécessité : les gains pour votre portefeuille | journaldeleconomie.fr

Le jeudi 20 novembre 2025, l’Assemblée nationale a examiné la première partie du projet de loi de finances pour 2026, qui ajuste plusieurs taux de TVA afin de soutenir le pouvoir d’achat tout en respectant la trajectoire du déficit public. D’un côté, la TVA serait ramenée à 0 % sur certains produits de première nécessité pour l’alimentation et l’hygiène ; de l’autre, un retour au taux réduit de TVA à 5,5 % est envisagé pour l’abonnement d’électricité. Ces décisions, encore en cours de navette parlementaire, s’inscrivent dans un budget 2026 qui vise un déficit limité à 4,7 %.

TVA à 0 % sur les produits de première nécessité : quels gains sur le caddie des ménages ?

La mesure la plus visible pour les ménages concerne la TVA sur les produits de première nécessité. Un amendement adopté le 22 octobre 2025, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, rétablit l’article 278 septies du code général des impôts et fixe la TVA à 0 % sur une liste de produits essentiels pour l’alimentation et l’hygiène, selon le texte publié par l’Assemblée nationale. Concrètement, cela signifie que, pour ces articles précis, la TVA disparaît entièrement : le prix toutes taxes comprises ne comporte plus de TVA, ce qui réduit mécaniquement le coût pour le consommateur. La liste détaillée des produits et leur niveau de prix doivent être définis par décret, après concertation avec les associations de consommateurs, afin de cibler les biens les plus utilisés au quotidien par les ménages modestes et de cadrer leur évolution tarifaire dans le temps.

Sur le ticket de caisse, une TVA à 0 % sur ces produits de première nécessité se traduit par une baisse immédiate sur chaque article concerné, même si le gain reste proportionnel au volume d’achats et au type de produits. Plus un ménage consomme d’aliments ou de produits d’hygiène classés dans cette catégorie, plus l’effet de la TVA nulle est visible sur le budget mensuel. C’est précisément la logique défendue par les partisans de la mesure : pour eux, la TVA est un impôt qui pèse fortement sur les revenus les plus modestes, car ces ménages consacrent une part importante de leurs ressources à la consommation de base. Un député du groupe La France insoumise a ainsi affirmé que « la TVA est une taxe socialement injuste, car les ménages modestes y consacrent une part plus importante de leurs revenus que les plus aisés », selon les propos rapportés par Cnews. En agissant sur la TVA à ce niveau, le budget 2026 cherche donc à concentrer l’allègement fiscal sur les dépenses incompressibles du quotidien, plutôt que sur des postes plus optionnels de la consommation.

Au-delà du taux de TVA, l’amendement sur les produits de première nécessité contient un autre volet déterminant pour les ménages : l’encadrement des prix. La TVA à 0 % est en effet couplée à un mécanisme de blocage des prix des produits concernés, afin de garantir que la baisse de TVA ne soit pas absorbée par une hausse des marges de la distribution.

TVA sur l’électricité : combien peut rapporter le retour au taux réduit aux foyers ?

L’autre volet central pour les ménages touche la TVA sur l’électricité, et plus précisément sur l’abonnement. Depuis le 1er août 2025, la TVA sur cette part fixe de la facture a été relevée de 5,5 % à 20 % par la loi de finances précédente, en application d’une interprétation de la directive européenne sur la TVA, selon l’exposé sommaire de l’amendement. Cette hausse du taux de TVA a renchéri la composante « abonnement » de la facture d’électricité, même si d’autres éléments ont été ajustés en parallèle.

Pour corriger cette situation, l’amendement n° I-CF1347 au projet de loi de finances pour 2026 propose de rétablir la TVA à 5,5 % sur les abonnements d’électricité. Le texte, adopté en commission des finances le 22 octobre 2025, modifie le B de l’article 278-0 bis du code général des impôts pour y inclure les livraisons d’électricité d’une puissance maximale inférieure ou égale à 36 kilovoltampères, selon le document officiel de l’Assemblée nationale. En pratique, cela vise les abonnements résidentiels des ménages, qui se situent dans cette plage de puissance.

Pour les ménages, l’essentiel est de savoir comment ces changements de TVA peuvent se traduire en gains concrets et comment adapter leurs habitudes de consommation. Sur les produits de première nécessité, l’intérêt principal de la TVA à 0 % est de rendre immédiatement moins coûteux un panier ciblé de biens indispensables pour l’alimentation et l’hygiène, sous réserve que les prix soient effectivement encadrés. Les foyers peuvent donc, à terme, concentrer une plus grande part de leurs achats sur ces références lorsque la liste sera définie par décret, afin de maximiser l’effet de la TVA nulle sur leur budget. De même, sur l’électricité, un retour à la TVA réduite à 5,5 % sur l’abonnement d’électricité rend particulièrement pertinent le fait de vérifier la puissance souscrite, la structure de l’offre et le niveau de consommation annuelle, afin de s’assurer que le contrat correspond réellement au profil du foyer. Les ménages proches ou en dessous du seuil de 3 300 kilowattheures par an ont, à ce titre, un intérêt spécifique à surveiller l’évolution de cette mesure, puisqu’ils font partie des profils explicitement cités dans l’exposé de l’amendement comme ayant le plus perdu lors du passage à 20 % de TVA sur l’abonnement.

Laisser un commentaire

Share to...