Le dispositif a été annoncé le 8 mars 2026. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a été chargée de mener 500 contrôles dans les stations-service en quelques jours. L’opération est inhabituelle par son ampleur : selon le gouvernement, ces vérifications concentrées sur trois jours correspondent à environ six mois de contrôles habituels.
Carburant : une campagne de 500 contrôles sur les prix à la pompe
Le gouvernement souhaite déterminer si certaines stations-service ont augmenté leurs prix plus rapidement que l’évolution réelle du marché pétrolier.
« Un plan exceptionnel de 500 contrôles sera réalisé dans les stations-service entre lundi et mercredi », a expliqué le ministre Sébastien Lecornu. Il a également justifié cette mobilisation par le contexte international, estimant que « la guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe ».
Concrètement, les inspecteurs de la DGCCRF vérifient plusieurs éléments : la conformité des prix affichés, leur cohérence avec les déclarations obligatoires effectuées sur les plateformes publiques et le respect des règles d’information du consommateur.
Cette opération intervient alors que les prix du carburant ont fortement progressé en quelques jours. Les tensions géopolitiques ont fait bondir les cours du pétrole, avec un baril de Brent dépassant les 100 dollars sur les marchés internationaux.
Une station sur six présente une anomalie
Les premiers contrôles donnent déjà une idée de l’ampleur du phénomène. Sur 231 stations-service inspectées lors de la première vague de vérifications, environ 16 % présentaient une anomalie.
Ces anomalies ne correspondent pas toujours à une hausse abusive du carburant. Certaines concernent des manquements administratifs ou des problèmes d’affichage des prix.
Cependant, les contrôles ont déjà débouché sur des sanctions. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, environ 6 % des stations contrôlées ont fait l’objet d’un procès-verbal.
Rapporté à l’échantillon contrôlé, cela signifie qu’une quinzaine de stations-service ont été sanctionnées lors des premières inspections.
Les distributeurs contestent les accusations
Les professionnels du secteur contestent l’idée que les stations-service seraient responsables de l’essentiel de la hausse du carburant. Les exploitants expliquent que le prix à la pompe dépend directement du coût d’achat du carburant auprès des fournisseurs. Une hausse du pétrole sur les marchés internationaux se répercute rapidement dans les stations.
Ils rappellent aussi que le marché français est particulièrement concurrentiel. Les grandes surfaces représentent environ 63 % des volumes de carburant vendus dans le pays, ce qui exerce une pression constante sur les prix.
Dans ce contexte, les marges des distributeurs restent relativement limitées. Les organisations professionnelles affirment donc que les hausses observées reflètent avant tout l’évolution des coûts d’approvisionnement.
Une hausse du carburant liée d’abord au marché pétrolier
Les données de marché confirment que la hausse récente du carburant ne peut pas être attribuée uniquement aux stations-service. Selon les chiffres diffusés par le gouvernement, le gazole s’élevait à environ 1,952 euro le litre début mars. Quelques jours plus tard, le diesel dépassait les 2 euros le litre dans plusieurs stations.
Depuis la fin février, le prix du gazole a progressé d’environ 28 centimes, soit une hausse proche de 16 %. Sur la même période, le SP95-E10 a augmenté d’environ 11 centimes.
Cette évolution s’explique principalement par la hausse du pétrole brut sur les marchés internationaux. Le franchissement du seuil des 100 dollars par baril a mécaniquement renchéri le coût d’approvisionnement des distributeurs.
La fiscalité reste le principal facteur du prix du carburant
Au-delà des variations de marché, la structure du prix du carburant joue un rôle déterminant dans la facture finale. En France, les taxes représentent plus de la moitié du prix payé à la pompe. La TICPE et la TVA constituent l’essentiel de cette fiscalité.
Concrètement, pour un litre de gazole vendu autour de 1,70 euro, la TICPE représente environ 0,60 euro. À cela s’ajoutent la TVA appliquée au carburant et celle appliquée à la taxe elle-même. Au total, la fiscalité représente environ 52 % du prix du gazole et près de 55 % du prix de l’essence SP95-E10.
Les contrôles des stations-service visent donc à détecter d’éventuels abus ponctuels. Mais l’évolution du prix du carburant reste largement déterminée par les marchés pétroliers et la structure fiscale du produit.


