Classes moyennes : les grandes oubliées du modèle français

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Depuis plusieurs années, un malaise diffus traverse les classes moyennes françaises. Ni pauvres, ni riches, elles ont le sentiment d’être les grandes perdantes du système. Dans son ouvrage Le Grand-père et le Président, l’ancien chef d’entreprise Xavier Fontanet permet de comprendre ce phénomène sous un angle structurel à travers un dialogue entre Auguste, un industriel aguerri par le terrain, et son petit-fils Antoine, jeune président de la République.

Le modèle français a réussi à réduire fortement les inégalités après redistribution. Mais comme le souligne l’auteur dans ce livre nourri par ses échanges avec l’association Contribuables Associés, cette performance a un coût : une pression fiscale élevée, concentrée sur les actifs. Pour Auguste, le personnage central, l’impôt n’est pas qu’un chiffre, c’est du « temps de vie » et de la souveraineté personnelle soustraite au citoyen. Résultat : stagnation du pouvoir d’achat, sentiment d’injustice et déclassement relatif. L’actualité sociale — des Gilets jaunes aux tensions sur le logement ou l’énergie — traduit cette frustration de ceux qui « paient beaucoup » sans toujours percevoir des services publics à la hauteur de leur effort.

Le paradoxe est frappant, dans un pays très redistributif, une partie croissante de la population se sent fragilisée. Le livre propose une explication simple : en affaiblissant la dynamique économique par un « excès de dépenses mal contrôlées » et un empilement de normes, le système réduit la capacité globale à créer de la richesse.

Ce sont les classes moyennes qui subissent de plein fouet les effets de ce déséquilibre : salaires qui progressent peu, fiscalité perçue comme spoliatrice et services publics dégradés. La question posée par ce dialogue intergénérationnel devient alors centrale, peut-on protéger durablement les classes moyennes sans relancer la production et sans redonner à l’individu sa pleine responsabilité ? Pour Xavier Fontanet, la réponse passe par un État recentré sur ses missions régaliennes, cessant de traiter le contribuable comme une simple « variable d’ajustement »

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