Décès attribuables au tabac : hommes, femmes, territoires… les écarts qui persistent

Plus de 68.000 Français sont morts en 2023 des conséquences du tabagisme. Si le bilan national s’améliore légèrement par rapport à 2015, les écarts restent marqués entre régions et entre sexes. Le tabac demeure l’un des principaux déterminants de mortalité évitable en France.

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10,9% des décès enregistrés en France en 2023 sont attribuables au tabac. | journaldeleconomie.fr

Le tabagisme continue de peser lourdement sur la santé des Français. Selon la dernière actualisation publiée par Santé publique France, 68.021 décès sont attribuables au tabac pour l’année 2023. Cela représente 10,9% des décès enregistrés sur le territoire.

Derrière ces données nationales se dessinent des contrastes nets selon le lieu de résidence, le sexe et les pathologies concernées. Si la tendance globale montre un recul par rapport au milieu des années 2010, la réalité demeure préoccupante pour certaines populations.

Cancer, maladies chroniques : le poids sanitaire du tabac

Le tabac reste étroitement associé aux pathologies les plus graves. Les cancers concentrent à eux seuls 57% des décès imputables au tabagisme. Concrètement, plus de 38 000 décès par cancer sont liés à la consommation de tabac en 2023.

Dans sa publication, Santé publique France rappelle que « Le cancer est la principale cause des décès attribuables au tabagisme avec 57 % des décès estimés. »

Les maladies cardiovasculaires représentent le deuxième groupe de causes, devant les maladies respiratoires chroniques. Ces dernières apparaissent particulièrement sensibles au tabagisme : plus d’un tiers des décès liés à ces affections sont associés à la consommation de cigarettes.

L’agence sanitaire souligne par ailleurs qu’ « En 2023, en France, le tabagisme a été responsable de plus de 68.000 décès prématurés et évitables. »

Hommes, femmes : une évolution contrastée

L’écart entre les sexes reste significatif. En 2023, près de 49.400 hommes sont décédés des suites d’une pathologie liée au tabac, contre environ 18.700 femmes. En proportion, cela correspond à 15,9% des décès masculins et 5,9% des décès féminins.

Santé publique France précise ainsi que « Les trois quarts de ces décès prématurés concernaient la population masculine. »

La baisse globale observée ces dernières années tient en partie au recul du tabagisme chez les hommes des générations les plus anciennes. En revanche, chez les femmes, les évolutions sont plus complexes. Les cohortes plus récentes montrent une intensification des risques, notamment pour le cancer du poumon, conséquence d’un rapprochement des comportements tabagiques entre hommes et femmes depuis les années 1970.

Cette convergence se traduit aujourd’hui dans les statistiques de mortalité.

Régions : une France à deux vitesses face au tabagisme

L’analyse territoriale met en évidence des écarts sensibles. Les Hauts-de-France, le Grand Est et la Corse affichent les niveaux de mortalité attribuable au tabac les plus élevés, avec des taux standardisés dépassant 115 décès pour 100.000 habitants.

À l’inverse, l’Île-de-France enregistre le taux le plus faible parmi les régions hexagonales.

Dans les territoires ultramarins, la situation est hétérogène. Les Antilles et la Guyane présentent une part de décès attribuables inférieure à 5%, tandis que La Réunion se situe à un niveau plus proche de la moyenne métropolitaine.

L’agence note ainsi que « Les Hauts-de-France, le Grand Est et la Corse sont les régions françaises qui présentent le fardeau le plus lourd en termes de mortalité attribuable au tabagisme. »

Ces disparités reflètent des différences historiques de consommation, mais aussi des facteurs sociaux et économiques influençant l’exposition au risque et l’accès à la prévention.

Un impact durable malgré le recul global

Par rapport à 2015, où environ 75.000 décès étaient attribués au tabac, le niveau observé en 2023 apparaît en diminution. Toutefois, cette évolution doit être interprétée avec prudence. Les experts rappellent que la mortalité actuelle est le résultat de comportements adoptés parfois plusieurs décennies auparavant.

Le tabagisme réduit l’espérance de vie d’environ dix années pour les fumeurs réguliers. Les effets sanitaires se manifestent donc à long terme, ce qui explique que les politiques de lutte contre le tabac produisent leurs résultats avec un décalage temporel.

Alors que le Programme national de lutte contre le tabac vise l’émergence d’une génération sans tabac à l’horizon 2030, les données 2023 rappellent que le chemin reste long. Près d’un décès sur neuf en France demeure lié à la cigarette.

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