Donald Trump l’avait promis : l’Amérique allait redevenir « grande » en taxant massivement les importations. Mais le 3 avril 2025, la Bourse new-yorkaise a livré un verdict cinglant, transformant une envolée attendue en débâcle confirmée. Retour sur un pari économique devenu le plus spectaculaire échec boursier de l’année.
Trump, dogme du tarif et dérive des indices
L’équation était simple dans l’esprit de Trump : davantage de taxes sur les produits étrangers = davantage d’argent pour les entreprises américaines. Dès le 2 avril 2025, dans un discours à la Maison-Blanche, il annonce la mise en place de droits de douane de 10 % minimum sur toutes les importations, assortis de surtaxes variables : +20 % pour l’Union européenne, +34 % pour la Chine, +24 % pour le Japon, +31 % pour la Suisse.
Dans la foulée, il déclare : « Les marchés vont augmenter en flèche, le pays va se développer. Je pense que cela se passe très bien ». Mais ce message, censé rassurer les investisseurs, heurte frontalement les logiques économiques fondamentales. Le protectionnisme agressif, loin d’inspirer confiance, déclenche une onde de choc immédiate.
À l’ouverture des marchés le 3 avril, le Dow Jones plonge de 3,98 %, le Nasdaq de 5,97 %, le S&P 500 de 4,84 %, signant la pire séance depuis mars 2020.
Une mécanique de panique : les marchés corrigent Trump
L’impact économique est immédiat et brutal. Les valeurs technologiques, les plus exposées aux chaînes d’approvisionnement mondiales, s’effondrent en cascade :
- Apple : -9,25 %, soit plus de 300 milliards de dollars de capitalisation effacés
- Amazon, Meta : -9 % chacun
- Dell : -19 %, Broadcom : -10,51 %, HP : -14,74 % (BFMTV, 3 avril 2025)
Même le secteur bancaire, pourtant peu concerné directement par les flux douaniers, subit la contagion psychologique : JP Morgan perd 7 %, les autres banques entre 7 % et 12 %.
Une fortune envolée : les milliardaires paient la facture
Dans l’univers feutré de la haute finance, le choc est tout aussi violent. Le Bloomberg Billionaires Index enregistre une perte de 208 milliards de dollars en une seule journée pour les 500 plus grandes fortunes mondiales. C’est la quatrième chute la plus importante de l’indice depuis sa création.
Les figures de proue de la tech sont les plus touchées :
- Mark Zuckerberg : -17,9 milliards de dollars
- Jeff Bezos : -15,9 milliards
- Elon Musk : -11 milliards, malgré la fabrication américaine de nombreux modèles Tesla
- Tobi Lutke (Shopify) : -1,5 milliard
- Bernard Arnault : -6 milliards d’euros, en raison de la taxe sur les produits européens
Le 3 avril 2025 restera dans les annales économiques comme le jour où les marchés ont corrigé une illusion politique. Trump aura tenté d’imposer sa vision du commerce mondial à coups de taxes. La finance, elle, a répondu avec un effondrement massif, rappelant que la confiance ne se décrète pas, pas plus qu’un rebond ne se prédit sans fondement.



