À partir de l’été 2027, il ne sera plus possible de régler ses impôts par chèque en France. Cette décision, annoncée par le Trésor public, marque la fin d’une époque pour de nombreux contribuables habitués à ce mode de paiement. La mesure s’inscrit dans une tendance générale à la numérisation des transactions financières, justifiée par l’amélioration de l’efficacité des paiements numériques (et par la forte baisse de l’utilisation des chèques).
La dématérialisation qui s’accélère
L’été 2027 verra la fermeture du dernier centre de traitement des chèques encore en activité, à Rennes. Cette décision fait suite à la fermeture des centres de Lille et de Créteil en 2023. Le journal Le Monde a révélé l’information, confirmée ensuite par TF1info après validation par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Le Figaro a précisé que les paiements par chèque resteront temporairement possibles aux guichets locaux des finances publiques, offrant un répit aux particuliers.
En août 2025, la DGFiP avait déjà indiqué vouloir étudier l’avenir de l’acceptation du chèque comme moyen de paiement. Cette volonté s’est concrétisée avec l’adoption du budget 2026, validé via l’article 49.3 de la Constitution par Sébastien Lecornu. Ce budget prévoit que, dès le mois de mars prochain, les professionnels devront adopter de nouveaux modes de paiement, ce qui souligne l’urgence pour ces derniers de s’adapter.
Les chiffres qui expliquent l’arrêt du chèque
L’utilisation du chèque a fortement diminué au fil des ans. En 2025, le Trésor public a encaissé 33 millions de chèques, soit baisse de 72 % des chèques sur une période de onze ans. Parmi les solutions de paiement, le chèque ne représente plus que 4,5 % des transactions effectuées auprès du Trésor public. En 2000, ce chiffre était de 37 %, montrant la nette érosion de ce moyen de paiement.
Face à ces chiffres, la directrice générale de la DGFiP a choisi de ne pas réinvestir dans le traitement des chèques, évoquant un taux de fraude relativement élevé et le contrôle renforcé des chèques. Elle a déclaré au quotidien national Le Monde : « La question se posait de réinvestir ou non dans cet outil. En conscience, j’ai donné la priorité à d’autres investissements, et choisi d’accélérer la décrue du chèque. »
Quelles solutions de remplacement et ce que ça change
Plusieurs alternatives sont proposées pour remplacer les chèques, en ligne avec la réglementation européenne visant à renforcer la traçabilité des paiements. Il est désormais possible de régler ses impôts en ligne via l’espace personnel ou professionnel sur le site des finances publiques, ou encore par virement simplifié via PayFip.gouv.fr. Des discussions ont aussi lieu à Bercy au sujet de la solution Wero, présentée comme un équivalent européen de PayPal, Visa et Mastercard.
Ce changement suscite des inquiétudes, surtout pour les particuliers et les usagers vulnérables. Selon Sandra Demarcq du syndicat Solidaires Finances publiques, « La dématérialisation est adaptée à un public autonome, mais ne peut que pénaliser nos usagers défavorisés, âgés, peu à l’aise avec l’informatique ou n’y ayant pas accès. » Ces populations ont donc jusqu’à l’été 2027 pour s’adapter, même si une transition temporaire reste possible via les guichets locaux.


