Une nouvelle proposition de loi va bientôt être déposée à l’Assemblée nationale pour autoriser le paiement échelonné des salaires. L’idée, c’est de permettre aux Français de mieux gérer leur budget au fil du mois, en sortant un peu du versement mensuel habituel. Concrètement, cela donnerait la possibilité aux salariés de toucher leur paie progressivement, une réponse à une demande qui se fait de plus en plus sentir dans la société.
Un projet porté par Jean Laussucq et Yann Le Floc’h
Jean Laussucq, député EPR de Paris, est à l’initiative de cette proposition de loi. Il rappelle que la mensualisation, mise en place par une loi du 19 janvier 1978, ne protège plus les salariés comme avant. Pour lui, cette rigidité ne colle plus aux besoins actuels. Quant à Yann Le Floc’h, PDG de Stairwage, il trouve malvenu que les salariés avancent trente jours de travail avant de recevoir leur salaire. Il mentionne aussi que la réduction des indemnités journalières pourrait affecter le pouvoir d’achat des salariés, ce qui montre bien qu’une adaptation du système est attendue.
Les objectifs et enjeux de la mesure
L’idée principale, c’est d’aider les Français à gérer leur budget, spécialement en début et fin de mois. Actuellement, près de deux salariés sur trois aimeraient recevoir une partie de leur salaire avant la fin du mois, et plus d’un Français sur cinq se retrouve en situation de découvert chaque mois. En proposant un versement échelonné, le dispositif vise par ailleurs à diminuer les frais bancaires et les agios qui coûtent chaque année sept milliards d’euros aux Français.
Contrairement au calendrier de versement fixe des fonctionnaires, la proposition permettrait, par exemple, d’être payé à la semaine avec des versements prévus les 7, 14 et 21 de chaque mois, ou de recevoir des acomptes partiels.
Pratiques actuelles et défis à relever
Plus d’un millier d’entreprises ont déjà adopté le fractionnement des salaires grâce à des plateformes de paiement anticipé. Ces plateformes permettent aux salariés de recevoir, quasiment instantanément, les jours travaillés sur leur compte bancaire. Toutefois, il semblerait que près de huit demandes d’acomptes sur dix se voient refusées par les entreprises.
Il faut aussi noter que le déblocage anticipé des salaires peut présenter des risques, notamment si le salarié risque de se retrouver dans l’incapacité de couvrir ses dépenses fixes mensuelles. Par ailleurs, si ce système se généralise, cela demanderait une réorganisation importante des processus internes des entreprises, ce qui pourrait engendrer des frais supplémentaires.
Vers un changement salutaire ?
La proposition devrait être déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale dans les dix jours qui suivent le 6 mai. Elle suscite déjà beaucoup d’intérêt et soulève de nombreuses questions. Les arguments de Jean Laussucq et Yann Le Floc’h mettent en avant la nécessité d’adapter le mode de paiement des salaires aux besoins actuels.


