Eurosatory 2026 : MBDA présente un « Tomahawk européen » de nouvelle génération

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L’édition 2026 du plus important salon mondial de l’armement terrestre est exceptionnelle, tant par la conjoncture stratégique très tendue, que par l’abondance des exposants, ukrainiens notamment. En révélant une maquette échelle 1 de son LCM, et en annonçant le nouveau standard Mark 2 de son jumeau le MdCN, le missilier européen y prend toute sa part. L’Europe, si elle le veut, a désormais son propre Tomahawk.

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Tir d’un LCM Mark2 par un porteur terrestre (vue d’artiste, © MBDA)

La guerre de haute intensité, de l’Ukraine au Moyen-Orient, le montre presque tous les jours : les systèmes de frappe en profondeur sont indispensables pour limiter les capacités d’action de l’ennemi, et les pays sous équipés en la matière ne tiennent pas le choc face à des adversaires mieux dotés. L’Europe en a pris conscience un peu tard, multipliant les projets pour combler le retard en essayant de se sevrer des fournitures américaines. MBDA, principal missilier européen, veut élargir la palette des solutions souveraines.

Le même missile que le MdCN, mais sur porteur terrestre

Le LCM (Land Cruise Missile) est un missile de croisière lancé depuis le sol, destiné à atteindre des cibles durcies, hautement défendues, dans un environnement très contesté en termes de défense aérienne et de guerre électronique, à très longue distance. Il s’agit de la version terrestre (Ground-Launched System) du MdCN (Missile de Croisière Naval) qui a fait ses preuves en opération. Il offre des portées comparables à la version en service sur les frégates. Si le constructeur reste discret sur ses performances réelles, annonçant plus de 1000 km, il n’est pas interdit de faire référence à des données aussi sérieuses que celles de Jane’s Weapons qui ont pu évoquer quelque 1400 km.

C’est donc le même missile, mais monté sur un porteur terrestre, destiné à équiper, soit des structures de force dédiées aux frappes longue portée, soit des composantes terrestres. Pour ces dernières notamment, le constructeur met en évidence l’avantage d’une grande mobilité, d’une empreinte au sol limitée, et d’une grande souplesse d’emploi. Pouvant opérer depuis des positions prises inopinément, chaque lanceur déploiera 4 missiles prêts au tir, et la séquence d’entrée en batterie, de tir et de sortie de batterie est annoncée comme durant moins de 15 minutes.

Une préparation de mission simplifiée

Les frappes dans la profondeur sont généralement associées à un processus de ciblage (targeting) sophistiqué, et à des structures de commandement et contrôle (C2) élaborées. Pour faciliter son insertion dans une force terrestre mobile et fortement contrainte par la situation tactique, MBDA innove avec Fastrike, dont une expérience immersive est proposée aux visiteurs de son stand. Il s’agit d’une capacité de génération rapide de frappe dans la grande profondeur, reposant sur l’intelligence artificielle, avec une permanence des opérateurs humains dans le processus (« human-in-the-loop »). C’est en quelque sorte le « calculateur d’itinéraire » du LCM : un module proposant aux opérateurs des trajectoires, générées très rapidement et adaptées à la situation tactique, en exploitant les contours du terrain. Cette capacité de génération de frappes permettra de traiter des cibles dites « time sensitive » ou re-localisables

Un éventail de frappes désormais multi-milieu

Le LCM, par sa dilution dans le milieu terrestre, élargit considérablement la résilience des capacités de frappe dans la profondeur, et la palette des configurations de tir, qui rendent plus complexes la détection et l’interception. MBDA et la Marine nationale avaient montré en 2024 que le MdCN se prêtait à un tir coordonné depuis une frégate et un sous-marin : avec le LCM c’est désormais une véritable triade de solutions qui sera disponible pour un pays ou une coalition, compliquant nettement la tâche des défenseurs.

Une évolutivité d’emblée, puisque le standard Mk2 est déjà là

Autre annonce majeure dans le club très fermé des « deep precision strike », « combat-proven » : MBDA  travaille d’ores et déjà avec la DGA à une commande de la version Mark 2 du missile, au bénéfice de la Marine nationale, dans le cadre de l’accroissement de ses stocks de munitions, sujet d’inquiétude du CEMA, le Général Mandon. Le LCM, dès sa commercialisation prévue pour 2029 après un tir de démonstration en 2028, sera donc à ce standard, qui selon le fabricant augmente significativement quatre facteurs opérationnels clés du missile. Le Mark 2 dispose d’un système antibrouillage de nouvelle génération, qui le rend capable de remplir sa mission dans les environnements où le GPS est brouillé. Sa survie face aux défenses multicouches adverses est renforcée, avec une nouvelle pointe avant, et une amélioration des performances de vol, avec une altitude de croisière encore plus basse, lui conférant une discrétion accrue. Sa portée et sa létalité augmentent aussi, sans davantage de précisions, une information réservée aux prospects avancés, « secret défense » oblige.

Un missile qui devrait avoir toutes ses chances en Europe

MBDA annonce que le Mark 2 sera le standard proposé aux clients exports des solutions navales et terrestres dès 2030. Le missile ainsi que son système de lancement terrestre sont ouverts à la coopération européenne, dans une logique technico-opérationnelle et commerciale qui rejoint la raison d’être du groupe. Une approche qui se traduit, dans le segment des frappes en profondeur, par le succès du SCALP franco-britannique, et par les avancées du programme franco-italo-britannique STRATUS.

Le caractère souverain de la conception et de la fabrication du Mark 2 devrait particulièrement intéresser les pays qui redécouvrent la nécessité d’être pleinement autonomes pour les moyens du « haut du spectre ».

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