Factures de gaz : vers une augmentation majeure en 2026 ?

Pour les consommateurs, la hausse d’environ 15 % annoncée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ne constitue pas un simple ajustement ponctuel. Elle s’inscrit dans une dynamique déjà enclenchée depuis le début de l’année et documentée par plusieurs analyses, notamment celles du comparateur Selectra, qui permettent d’anticiper très concrètement l’impact sur les factures.

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Factures de gaz : vers une augmentation majeure en 2026 ? © journaldeleconomie.fr

Depuis janvier 2026, les prix du gaz repartent progressivement à la hausse. Le prix repère publié par la CRE, qui sert de référence au marché, est passé d’environ 0,1019 €/kWh en janvier à plus de 0,1025 €/kWh en mars, soit une progression déjà sensible en quelques semaines. Cette tendance s’est traduite immédiatement sur les factures : au 1er mars, une hausse de 5,3 % représentait déjà environ 59 euros supplémentaires par an pour un ménage moyen chauffé au gaz.

Les prix du gaz continuent d’augmenter en France

Mais ce mouvement ne fait que commencer. Les analyses de Selectra montrent que plusieurs facteurs de hausse se cumulent au printemps 2026. D’une part, les prix de gros du gaz ont fortement augmenté, avec des bonds pouvant dépasser 50 % en quelques jours à la suite du début de la guerre en Iran. D’autre part, des hausses structurelles viennent s’ajouter, notamment sur les coûts d’acheminement, revalorisés d’environ 3,4 % au 1er avril.

Pour les ménages, cela signifie une chose très concrète : la facture va augmenter en plusieurs étapes, et non en une seule fois. La hausse d’environ 15 % attendue en mai par la CRE correspond à l’intégration progressive de ces différents éléments, mais elle ne constitue pas un point final.

Plus de 200 euros de plus pour le gaz

En termes d’impact, les ordres de grandeur sont désormais bien identifiés. Pour un foyer chauffé au gaz, dont la facture annuelle se situe généralement entre 1 200 et 1 500 euros, une hausse de 15 % représente un surcoût compris entre 180 et 225 euros par an. Cette augmentation s’ajoute aux hausses déjà enregistrées en début d’année, ce qui renforce l’effet cumulé sur le budget énergie.

Les ménages les plus exposés sont ceux qui utilisent le gaz pour le chauffage, car leur consommation est élevée et directement indexée sur le prix du kWh. À l’inverse, pour les usages limités à la cuisson et à l’eau chaude, l’impact reste plus modéré, même s’il demeure perceptible sur la facture annuelle.

Un autre point clé mis en avant par Selectra concerne la structure même des factures. Le prix payé par les consommateurs ne dépend pas uniquement du coût du gaz sur les marchés. Il intègre également des coûts fixes, comme l’abonnement, et des coûts régulés, comme le transport et la distribution. Ces composantes continuent d’augmenter, même lorsque les prix de gros se stabilisent, ce qui explique pourquoi les factures peuvent continuer à grimper indépendamment des fluctuations du marché.

Vers des hausses de prix tout le long de 2026 ?

Les analyses convergent sur un point essentiel : la hausse de 15 % attendue au printemps pourrait n’être qu’une étape. Les prix du gaz pour les livraisons à venir ont déjà fortement augmenté, avec une hausse de près de 84 % sur certains contrats trimestriels début mars. Cette anticipation du marché laisse penser que les fournisseurs vont continuer à répercuter progressivement ces coûts dans les mois à venir.

Pour les ménages, la conséquence est claire. Après une période d’accalmie relative en 2025, les factures de gaz repartent à la hausse en 2026, avec un effet cumulé qui pourrait se faire sentir sur toute l’année. La hausse annoncée pour mai ne doit donc pas être perçue comme un pic isolé, mais comme le début d’une nouvelle phase d’augmentation, à la fois progressive et durable.

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