La taxe d’habitation, un impôt local supprimé en 2020 lors du premier mandat d’Emmanuel Macron, refait parler d’elle à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars. Le sujet a été relancé par une étude publiée ce lundi, qui interroge les Français sur la possibilité de remettre cet impôt en place.
Qui a réalisé l’étude et qui y participe
L’étude a été menée par le collectif « Sens du service public », en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès et OpinionWay. Ces travaux interviennent dans un climat électoral et politique tendu. Johan Theret, cofondateur du collectif, a commenté les résultats sur France Inter, notant que la proposition de rétablir la taxe d’habitation a suscité une certaine « surprise ». « On parle du rétablissement d’un impôt qui a été supprimé », a-t-il dit, insistant sur le fait qu’il s’agit moins d’une hausse d’impôts que d’une réévaluation de la fiscalité locale.
Les chiffres du sondage et ce que pensent les Français
Sur le plan chiffré, 39 % des Français se disent favorables au retour de la taxe d’habitation, à condition que les recettes servent à améliorer les services publics locaux. En revanche, une majorité de 61 % y est opposée. Parallèlement, plus de 70 % des personnes interrogées se déclarent en général satisfaites des services publics locaux, même si presque autant estiment que ces services manquent de moyens pour répondre aux besoins de la population, ce qui relance la discussion sur une nouvelle taxe locale.
La remise sur la table de cet impôt relance donc la discussion sur le financement de services comme les centres de santé municipaux et la qualité de l’alimentation à des prix abordables, identifiés comme des missions prioritaires.
Priorités locales et clivages politiques
La perspective d’un retour de la taxe fait écho particulièrement dans les collectivités locales, où les problèmes de « déserts médicaux » sont criants. En France, avec près de 35 000 communes, la création de structures comme des centres de santé municipaux est perçue comme une priorité pour compenser les carences constatées.
Cécile Duflot, dans sa chronique « Voix de gauche » sur RMC, a souligné le caractère solidaire de l’impôt en déclarant que « l’impôt n’est pas une punition, c’est le prix de notre vie commune et de notre solidarité ». Elle a invité les électeurs à lire et comparer les programmes électoraux, en insistant sur l’importance de l’engagement citoyen et d’une information éclairée avant les municipales.



