Ils veulent vous faire payer deux fois : ce projet de taxe qui menace Netflix et Spotify

La France envisage de taxer vos téléchargements hors ligne de Netflix et Spotify, un projet qui pourrait bouleverser vos habitudes.

Publié le
Lecture : 2 min
Ils veulent vous faire payer deux fois : ce projet de taxe qui menace Netflix et Spotify
Ils veulent vous faire payer deux fois : ce projet de taxe qui menace Netflix et Spotify © journaldeleconomie.fr

L’annonce selon laquelle la France envisage de taxer les téléchargements hors ligne issus de plateformes de streaming telles que Netflix, déjà touchées par une augmentation des tarifs, a déclenché de vifs débats. Alors que le streaming domine les usages numériques, cette proposition vise à étendre la « taxe copie privée », déjà appliquée à plusieurs supports de stockage. Le dossier a été porté devant les tribunaux européens, notamment la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE).

D’où vient la taxe copie privée ?

D’après Frandroid, la taxe pour copie privée a été mise en place pour compenser les ayants droit et s’applique aujourd’hui à des appareils comme les smartphones, tablettes, téléviseurs, consoles de jeux, et autres dispositifs disposant d’un espace de stockage. Pour 2024, cette mesure devrait rapporter 246 millions d’euros. Le gouvernement français, qui porte seul cette idée d’extension, se heurte cependant à des obstacles juridiques et politiques importants.

Le dossier prend une tournure particulière avec une affaire néerlandaise opposant des groupes technologiques comme HP et Dell à l’industrie culturelle, tandis que le piratage IPTV en France continue de poser des défis. L’avocat général de la CJUE, Maciej Szpunar, a rendu un avis qui fragilise les ambitions françaises, en soulignant que les protections DRM signifient que « les abonnés aux plateformes de streaming ne possèdent pas réellement les téléchargements hors ligne ».

Ce que propose la France

La proposition française prévoit une « double taxe » : une première taxation sur l’espace de stockage des appareils, et une seconde sur le fichier téléchargé via des abonnements aux plateformes de SVoD et d’écoute musicale, comme l’augmentation des tarifs Spotify pourrait le refléter. Ce montage pose des questions pratiques et juridiques, et le ministère de la Culture est resté pour l’instant muet face aux demandes d’explication. L’idée inclut aussi que le stockage temporaire des fichiers puisse être considéré comme une duplication privée légale, ce qui complique encore la donne.

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et les équipes du ministre Jean-Noël Barrot ont défendu cette position. Néanmoins, un avis juridique rendu au début d’octobre par Maciej Szpunar a freiné les ardeurs françaises. Plusieurs arguments avancés ont été rejetés à Bruxelles, où siège la CJUE, ce qui complique la mise en place rapide de cette double taxation.

Les enjeux juridiques et économiques

Au cœur du litige se posent des questions sur la nature de la propriété numérique et les droits des consommateurs. Si la mesure était adoptée, elle toucherait directement des millions d’utilisateurs qui paient pour ces services, en interrogeant leur réel droit sur les contenus téléchargés. Le gouvernement français semble aussi motivé par des raisons budgétaires, cherchant de nouvelles sources de financement alors que certaines aides pourraient être réduites.

L’affaire reste en attente dans les méandres juridiques européens, et une tendance jurisprudentielle favorable aux consommateurs pourrait freiner l’application de telles règles. Pour l’instant, les représentants de l’industrie culturelle — notamment la Sacem, la Sacd, et Copie France — continuent de chercher des moyens d’augmenter la « rémunération double ».

Laisser un commentaire

Share to...