Le 19 novembre 2025, à Bruxelles, l’association Toy Industries of Europe (TIE) a présenté une nouvelle étude consacrée aux jouets achetés sur des sites de vente en ligne auprès de vendeurs situés hors de l’Union européenne. Les résultats sont sans appel : sur 70 jouets achetés pour les besoins de l’enquête, 96 % ne respectent pas la réglementation européenne et 86 % sont jugés dangereux pour les enfants, selon TIE et les analyses relayées par la presse européenne. Cette étude, dévoilée à quelques semaines de Noël, intervient un an après une première campagne de tests qui avait déjà montré qu’environ 80 % des jouets achetés sur Internet auprès de vendeurs tiers ne respectaient pas les normes de sécurité de l’Union.
Noël : des jouets en ligne massivement non conformes
La première alerte remonte à octobre 2024. Toy Industries of Europe avait alors acheté plus de 100 jouets sur des sites de e-commerce, en choisissant des produits vendus par des vendeurs tiers, installés dans l’Union européenne ou en dehors, et souvent sans marque clairement identifiée. Ces jouets ont été confiés à un laboratoire indépendant, qui les a testés au regard des règles européennes applicables aux jouets. Le verdict est tombé : 80 % des jouets examinés ne respectaient pas les normes de sécurité. Dans plusieurs jouets, les experts ont trouvé des petites pièces pouvant se détacher facilement, des aimants puissants ou des piles boutons accessibles, autant d’éléments susceptibles d’être avalés par un enfant et de provoquer un étouffement ou des blessures internes
Un an plus tard, l’étude présentée à Bruxelles en novembre 2025 confirme que la situation des jouets vendus sur Internet ne s’est pas améliorée. Cette fois, les enquêteurs ont ciblé 70 jouets vendus par des vendeurs non européens sur de grands sites de vente en ligne fréquentés par les consommateurs européens. Là encore, les produits choisis étaient sans marque ou de marques méconnues, avec des prix très attractifs, et donc particulièrement visibles dans les résultats de recherche pour des familles qui comparent les jouets en fonction du prix.
Selon Toy Industries of Europe, « sur les 70 jouets examinés, 96 % n’étaient pas conformes et 86 % présentaient des problèmes de sécurité graves », ce qui signifie très concrètement que seuls quelques jouets sur l’ensemble de l’échantillon peuvent être considérés comme acceptables au regard des règles européennes.
Des risques bien réels pour la santé des enfants
Pour un parent, il peut être difficile de traduire ces pourcentages en risques concrets, d’autant que les jouets vendus sur Internet apparaissent souvent sur des pages produit rassurantes, avec des photos colorées et des descriptifs séduisants. Pourtant, les rapports de TIE et des laboratoires indépendants décrivent des dangers très précis. Des jouets de type pâte gluante ou slime ont ainsi été trouvés avec des niveaux de bore jusqu’à plusieurs fois supérieurs à la limite légale fixée par l’Europe, ce qui peut présenter un risque en cas de contact répété ou d’ingestion. D’autres jouets présentent des parties métalliques qui se détachent facilement ou des éléments décoratifs mal fixés. Pour un enfant en bas âge, ces petites pièces associées à un jouet peuvent rapidement se transformer en risque d’étouffement. Plusieurs jouets contiennent des aimants puissants ou des piles boutons que l’enfant peut extraire sans difficulté : en cas d’ingestion, ces composants peuvent perforer les intestins ou provoquer des brûlures internes, comme le rappellent les autorités sanitaires et les associations professionnelles du secteur des jouets.
Pour les fabricants européens de jouets, la situation est d’autant plus préoccupante que les jouets conformes produits dans l’Union supportent le coût des essais, des contrôles et des obligations réglementaires. « Les jouets vendus en ligne et en magasin répondent désormais aux mêmes exigences, et nos entreprises européennes sont défendues », affirme ainsi l’eurodéputé Yvan Verougstraete à propos des nouvelles règles européennes, rappelant que chaque jouet mis sur le marché doit théoriquement respecter les mêmes standards, qu’il soit vendu en boutique physique ou sur un site Internet. En pratique, les études montrent cependant que de nombreux jouets vendus en ligne échappent à ces exigences, notamment lorsque le vendeur est installé hors de l’Union.
Quelles implications pour les familles et le budget des fêtes de fin d’année ?
Face à ces chiffres, la première implication pour les familles est simple : un jouet très bon marché, commandé à quelques clics sur un site de e-commerce, peut coûter cher en termes de risques pour la santé de l’enfant. Un jouet très attractif par son prix peut être retiré du marché quelques semaines plus tard, voire faire l’objet d’une alerte de sécurité, rendant l’achat non seulement dangereux, mais aussi inutile pour le budget du foyer.
Au niveau européen, Bruxelles a commencé à réagir à l’ampleur du problème, ce qui aura des conséquences directes sur les jouets proposés aux familles dans les prochaines années. Le 14 octobre 2025, le Conseil de l’Union européenne a adopté un nouveau règlement sur la sécurité des jouets, qui remplace la directive actuelle et renforce les exigences applicables à tous les jouets vendus dans l’Union, y compris sur Internet. Le texte prévoit l’introduction d’un passeport numérique pour chaque jouet, afin de faciliter la traçabilité et les contrôles, et renforce les limites concernant les substances chimiques, notamment les perturbateurs endocriniens. Le Parlement européen a de plus adopté en novembre 2025 un texte qui impose aux grands acteurs du commerce en ligne de vérifier la conformité des jouets qu’ils mettent à disposition et de les retirer rapidement du marché européen s’ils sont jugés non conformes ou dangereux.


