Les matchs en haute altitude reviennent régulièrement dans les débats du football, surtout à cause des résultats de la sélection bolivienne. Avec près de 49 % de victoires à domicile en éliminatoires de Coupe du monde, la Bolivie est difficile à battre dans ses stades andins, là où l’air se raréfie.
L’avantage de l’altitude
Les rencontres jouées en haute altitude, comme au stade Hernando Siles de La Paz (3 637 m) ou au stade municipal d’El Alto (4 150 m), posent un problème physiologique. Selon le magazine Science et Vie, la pression atmosphérique y baisse et l’oxygène se raréfie, ce qui pénalise les équipes non acclimatées. Au-dessus de 3 048 m, 75 % des personnes non acclimatées développent un mal aigu des montagnes, avec des symptômes comme des maux de tête et des vertiges dans les 12 à 24 heures suivant l’exposition.
On compare parfois l’altitude d’El Alto à celle d’un saut en parachute, ce qui donne une idée de l’effet ressenti par les visiteurs.
L’écart est net : la Bolivie ne gagne que 4 % de ses matchs disputés à l’extérieur, soit 45 points de différence entre ses résultats à domicile et au-dehors. Pendant trente ans, elle n’a remporté aucune victoire marquante hors de ses frontières, signe du poids que représente le terrain.
Quand la FIFA a voulu intervenir (et a reculé)
En 2007, la FIFA a tenté d’interdire les matchs joués au-dessus de 2 500 m, après des incidents comme ceux de joueurs de Flamengo qui avaient eu besoin d’oxygène. La mesure a provoqué une vive réaction politique et médiatique. Evo Morales, alors président bolivien, a qualifié la décision de « une atteinte à l’universalité du sport » et a sollicité des soutiens comme Diego Maradona pour la contester.
La pression des fédérations sud-américaines et la levée de boucliers ont conduit la FIFA à revoir sa position, puis à suspendre l’interdiction. Aujourd’hui, aucune restriction ne vise les matchs en haute altitude, ce qui sert les intérêts de la Bolivie.
Témoignages et études
Après un match en 2017, Neymar avait jugé « inhumain de jouer dans ces conditions », et des images ont montré plusieurs de ses coéquipiers sous masque à oxygène.
Les travaux scientifiques vont dans le même sens. Une étude publiée dans le British Medical Journal, qui a analysé 1 460 matchs sur plus d’un siècle dans dix pays sud-américains, montre que les équipes habituées à l’altitude marquent davantage et gagnent près d’un tiers de fois en plus.
Pour l’instant, la Bolivie conserve donc le choix de jouer en altitude. Elle pourrait redescendre à Santa Cruz de la Sierra, mais elle préfère ses stades en hauteur, où l’oxygène fait défaut aux visiteurs.



