Déclin général des ventes de spiritueux
Selon le bilan annuel de la Fédération française des spiritueux (FFS), la consommation de whisky, rhum et cognac a continué à décliner en 2023. Ce recul a été observé aussi bien dans les grandes surfaces que dans les cafés, hôtels et restaurants (CHR). En grande distribution, les ventes ont diminué pour la troisième année consécutive, enregistrant une baisse de 4,3 % en volume. Les CHR, après un rebond post-pandémique, ont également vu une réduction de 2 % de la consommation de ces boissons alcoolisées.
Les tendances du début de 2024 ne montrent pas de signes d’amélioration, la météo maussade et la réduction des sorties des consommateurs pour des raisons économiques contribuant à cette situation. Seuls certains alcools utilisés pour les cocktails, comme le spritz et le rhum arrangé, parviennent à mieux résister à ce déclin.
À l’export, la situation est encore plus alarmante avec une chute de 13,2 %, impactant sévèrement les producteurs français dont environ 50 % de la production est destinée à l’étranger. Les fabricants ont été contraints de limiter l’augmentation des prix des bouteilles en supermarché, malgré une inflation alimentaire galopante. Cependant, les spiritueux, plus onéreux que le vin ou la bière, subissent les arbitrages budgétaires des consommateurs.
Une urgence de simplification et d’harmonisation
Thomas Gauthier, directeur général de la FFS, souligne que ce sont les catégories de spiritueux les plus chères qui en pâtissent le plus. Face à cette situation, les fabricants français se préparent à un nouvel exercice de sensibilisation auprès des futurs députés pour défendre des mesures favorables au secteur.
La FFS insiste sur la nécessité de visibilité et de stabilité, particulièrement en ce qui concerne la fiscalité et les relations commerciales avec les distributeurs. Les inquiétudes sont amplifiées par les possibles sanctions internationales, notamment une enquête chinoise sur les eaux-de-vie européennes et les potentielles mesures post-présidentielles américaines. Ces menaces viennent s’ajouter aux hausses des coûts de production et à une consommation domestique en baisse, surtout parmi les jeunes.
Le secteur appelle également à une simplification administrative et à une harmonisation des règles au niveau européen. La complexité des régulations actuelles pèse lourdement sur les entreprises du secteur, dont 95 % n’ont pas pu répercuter la hausse des coûts de production sur les prix de vente en magasins. Selon la FFS, 44 % des entreprises ont vu leur chiffre d’affaires diminuer en 2023 et 63 % ont enregistré une baisse de leur marge par rapport à 2019.

