Les Jeux Olympiques boostent la croissance, mais la fin d’année s’annonce incertaine

Publié le
Lecture : 2 min
Swimmers 79592 1280
Les Jeux Olympiques boostent la croissance, mais la fin d’année s’annonce incertaine | journaldeleconomie.fr

Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris ont offert à la croissance française une impulsion inattendue, avec une hausse du PIB de 0,4 % pour le troisième trimestre 2024. Mais cet élan pourrait être de courte durée. La Banque de France et l’Insee anticipent une fin d’année morose, dans un contexte de faible confiance économique et d’incertitudes politiques grandissantes.

Les JO, moteur de croissance temporaire

Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ne se sont pas limités à des performances sportives spectaculaires. Ils ont aussi donné un coup de pouce à l’économie française, comme le confirment les premières estimations de l’Insee pour le troisième trimestre. Selon l’institut, la croissance trimestrielle a atteint 0,4 %, contre 0,3 % et 0,2 % pour les deux trimestres précédents. Près de la moitié de cette hausse serait attribuable à l’organisation des JO, qui a généré des dépenses et des investissements significatifs dans divers secteurs, allant de l’hôtellerie à la construction.

Outre cet effet sportif, la baisse de l’inflation a également contribué à cette reprise économique. En septembre, l’inflation est tombée à 1,1 % sur un an, bien en dessous de la cible de 2 % fixée par la Banque centrale européenne (BCE). Une baisse qui, selon les experts, a offert un répit aux ménages et renforcé leur pouvoir d’achat. Cependant, malgré cette amélioration, le secteur immobilier, particulièrement affecté par les hausses de taux d’intérêt passées, n’a pas encore montré de signes notables de reprise, la BCE n’ayant commencé à alléger sa politique monétaire qu’à partir de juin.

La fin d’année ne promet cependant pas d’être aussi dynamique. À mesure que l’effet stimulant des Jeux Olympiques s’estompe, l’Insee prévoit un recul de la croissance pour le quatrième trimestre, avec une estimation de croissance nulle. De son côté, Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, anticipe même un léger recul du PIB de 0,1 % d’ici la fin de l’année. « L’incertitude politique actuelle » pèse lourdement sur les décisions d’investissement des entreprises, souligne l’Insee, évoquant une inquiétude palpable dans tous les secteurs.

Cette tendance est corroborée par une détérioration du climat des affaires en octobre, marquée par une baisse de confiance dans le secteur industriel. Selon les données publiées par S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB), l’indice PMI du secteur privé a atteint son niveau le plus bas depuis neuf mois, reflétant un ralentissement général de l’activité économique.

La pression des agences de notation

Le moral des ménages a également chuté en octobre, enregistrant sa première baisse depuis avril. Le gouvernement espère néanmoins que la consommation sera stimulée par un phénomène de « désépargne », c’est-à-dire par la réduction de l’épargne accumulée par les ménages, mais les perspectives demeurent prudentes.

Les prévisions pour le début de 2025 ne sont guère plus optimistes. Selon Charlotte de Montpellier, aucun redressement économique significatif n’est attendu avant la seconde moitié de l’année prochaine. Elle estime que la croissance pour 2025 pourrait se limiter à 0,7 % ou 0,6 %, en deçà des prévisions du gouvernement, qui table sur une hausse de 1,1 %. L’optimisme gouvernemental repose en partie sur une reprise de la consommation et un affaiblissement de la pression inflationniste.

Cette fragilité économique n’a pas échappé aux agences de notation. Fitch et Moody’s ont récemment placé la France sous « perspective négative », une décision qui reflète leurs inquiétudes quant à la soutenabilité de la dette publique française. Si la situation ne s’améliore pas, cette perspective pourrait se traduire par une dégradation de la note du pays, entraînant potentiellement une hausse du coût de la dette pour l’État.

Laisser un commentaire

Share to...