Les réservations touristiques pour 2026 prennent une tournure particulière. Le Syndicat des entreprises du Tour Operating (SETO) signale une baisse nette des ventes, liée à plusieurs incertitudes internationales et économiques qui modifient les comportements des consommateurs français. Malgré une forte envie de voyager, beaucoup hésitent encore à boucler leurs projets. Ce climat tranche avec l’optimisme du début d’année : en mai, les réservations ont reculé de 6,7 % par rapport à 2025, sous l’effet direct de l’instabilité internationale, notamment la crise au Moyen-Orient.
Géopolitique : des tensions qui font hésiter
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à fin mai, le secteur compte 85 000 clients en moins et une perte de 100 millions d’euros de volume d’affaires par rapport à l’année précédente, rapporte BFMTV. Patrice Caradec, président du SETO, évoque une « bonne dynamique des réservations » qui s’est soudainement arrêtée au déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Des destinations autrefois très demandées comme la Grèce (-12 %), la Turquie (-14 %) et les États-Unis (-37 %) voient leur fréquentation chuter fortement. La Tunisie et le Portugal affichent aussi une baisse de 9 % chacun pour l’été.
Face aux incertitudes et à la hausse des prix, les consommateurs français se tournent vers des choix de vacances jugés plus sûrs. La progression de 6 % des voyages en France le montre bien : les Français préfèrent la sécurité et une certaine stabilité.
Un rebond pour l’été et les prévisions pour l’hiver
Les dernières données apportent néanmoins un peu d’oxygène. Depuis le 1ᵉʳ juin 2026, les réservations reprennent pour les départs immédiats, le cœur de l’été et l’arrière-saison (septembre et octobre). Cette embellie pourrait compenser le manque à gagner des mois précédents. Les professionnels espèrent inverser la tendance sur ces mois d’arrière-saison.
Pour l’hiver 2026-2027, la situation semble plus favorable : 350 millions d’euros de volume d’affaires sont déjà réservés, soit une hausse de 3,6 % par rapport à l’année précédente, malgré des conditions climatiques changeantes. Les destinations plébiscitées pour cet hiver sont la France (+19 %), la République Dominicaine (+14 %) et Maurice (+7,5 %) : les voyageurs cherchent des endroits perçus comme sûrs et attractifs.
Voyageurs prudents et comment le secteur s’adapte
Le comportement des voyageurs a clairement évolué. Comme le dit Patrice Caradec, « Au printemps, les Français ont eu parfois peur de partir et de ne pas revenir. » Cette prudence coexiste pourtant avec un vrai désir de partir, avec plus de flexibilité et d’attention à la sécurité. Les vacanciers privilégient les offres encadrées, avec des prestations incluant une couverture 24 heures sur 24 et une assurance rapatriement.
La recomposition du marché long-courrier avance lentement et de façon inégale. La Thaïlande et le Vietnam pourraient regagner en popularité, mais des freins subsistent, comme la hausse des coûts de transport liée au kérosène et les fermetures temporaires des hubs aériens au Moyen-Orient, qui ont particulièrement touché des destinations comme les Maldives.
Les professionnels misent sur une clientèle opportuniste et cherchent à capter les départs immédiats et ceux de la saison automnale, malgré des prix élevés qui peuvent décourager certains vacanciers. Leur objectif est de gérer cette période de transition et de rétablir la confiance des consommateurs, indispensable pour sortir de cette phase d’hésitation.


