Livret A : l’inflation va faire grimper les taux jusqu’en 2027

D’ici six semaines, le ministre de l’Économie devrait annoncer la première hausse.

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Livret A : l’inflation va faire grimper les taux jusqu’en 2027 © journaldeleconomie.fr

Votre Livret A va rapporter plus, deux fois plutôt qu’une. Premier rendez-vous : le 1er août 2026, avec un taux qui devrait passer de 1,50% à 1,80%. Second épisode : février 2027, avec une remontée attendue à 2,20%. La prévision de ces deux hausses successives découle directement de la remontée de l’inflation, qui avait chuté mais reprend désormais de la vigueur. Pour les 58 millions de titulaires français, la question n’est pas seulement de se réjouir : il faut comprendre comment utiliser ces hausses sans se faire duper par les chiffres.

Les deux moments clés : août 2026 et février 2027

Le calendrier est serré. D’ici six semaines, le ministre de l’Économie devrait annoncer la première hausse. Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations, anticipe un taux « aux alentours de 1,80% » dès le 1er août 2026. La révision interviendra après l’analyse de l’inflation du premier semestre 2026, qui ressort à 1,6% en moyenne, contre seulement 0,89% au semestre précédent. L’inflation repartant à la hausse, le mécanisme réglementaire de calcul pousse mécaniquement le taux du Livret A vers le haut.

De 1,50% à 1,80% : +0,30% en six mois

Sur un compte garni de 10 000 €, le passage de 1,50% à 1,80% représente 30 € de gains annuels supplémentaires. Pas de quoi révolutionner un budget, mais suffisamment pour ne pas négliger l’opération. Le calcul appliqué par la Banque de France repose sur une formule fixée par arrêté du 14 juin 2018, qui combine l’inflation sur six mois et le taux interbancaire €STR. Ce dernier, actuellement à 1,9%, devrait légèrement progresser suite aux décisions de la Banque centrale européenne. En août, l’alignement de ces paramètres crée une pression haussière inédite depuis février 2026.

Et puis 2,20% : faut-il réagir avant février 2027 ?

Le deuxième acte se jouera six mois plus tard. L’inflation prévue au second semestre 2026 devrait atteindre 2,40% en moyenne, avec un pic à 2,70% en décembre 2026. Une nouvelle hausse du taux du Livret A en février 2027 porterait la rémunération à 2,20%, voire légèrement plus selon l’évolution du taux €STR. Faut-il attendre cette date pour gonfler son épargne ? Non, car les intérêts se calculent par quinzaine. Chaque euro déposé avant le 16 du mois commence à travailler immédiatement. Reporter votre versement à février risque de vous faire perdre plusieurs mois d’intérêts, même modestes.

Mais attention : le rendement réel reste modeste

Monter à 2,20% sonne bien sur le papier. Sauf que l’inflation ne chôme pas de son côté. En 2026, elle devrait tourner autour de 2% en moyenne annuelle, ce qui ramène le rendement réel du Livret A à près de zéro en termes de pouvoir d’achat. Autrement dit, vous ne perdez pas d’argent, mais vous n’en gagnez pas vraiment non plus. Rappel important : entre 2023 et aujourd’hui, le taux du Livret A a chuté de 3% à 1,50%, en phase avec la désinflation observée jusqu’à fin 2025. Le mouvement actuel inverse simplement la tendance, sans retrouver les sommets passés.

Quand l’inflation dévore vos gains (les vrais chiffres)

Prenons un cas concret : 15 000 € placés sur un Livret A à 1,80% rapportent 270 € bruts par an. Si l’inflation s’établit à 2,40% sur la même période, votre pouvoir d’achat recule de 360 € (2,40% de 15 000 €). Résultat net : vous perdez 90 € en valeur réelle. Même à 2,20%, le solde reste négatif. Pourquoi continuer d’épargner sur ce support ? Parce qu’il garantit la sécurité totale du capital, la liquidité immédiate et l’exonération fiscale. Aucun autre produit grand public ne combine ces trois atouts. Mais clairement, le Livret A n’enrichit pas : il protège.

Le Livret A, c’est quoi au juste ? Sécurité d’abord, rendement ensuite

Ce livret d’épargne réglementé existe depuis 1818. Son taux est fixé par l’État, ses intérêts sont défiscalisés, et les fonds sont garantis sans plafond par la puissance publique. Le plafond de dépôt s’élève à 22 950 €. Même si votre banque fait faillite, votre argent reste accessible. L’autre particularité : la Caisse des Dépôts et Consignations collecte plus de la moitié des sommes déposées pour financer le logement social et les projets d’intérêt général. Le Livret A n’est donc pas seulement un produit d’épargne individuel, mais un outil de financement collectif. Voilà pourquoi l’État y maintient un plancher de 0,5%, même en période de déflation.

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