Un tournant pour l’épargne réglementée pourrait se jouer cette semaine : le taux du Livret A, produit d’épargne emblématique en France, est sur le point d’être revu à la baisse des taux. La grande question pour beaucoup d’épargnants, d’après La Voix du Nord, c’est de savoir si ce taux pourrait tomber à 1,4 %, contre 1,7 % aujourd’hui, dans une période où l’inflation ralentit. Cette révision éventuelle intervient un an après une forte baisse, le taux passant de 3 % en janvier 2025 à 1,7 % actuellement.
La donne économique évolue
L’inflation a nettement ralenti et s’établit désormais à 0,8 %. Cette baisse joue un rôle important dans l’ajustement des taux d’épargne. Sur France Inter, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a insisté sur le fait que le taux du Livret A « restera significativement supérieur à l’inflation », ce qui signifie une certaine protection pour le rendement net des épargnants.
La formule légale qui sert à recalculer le taux du Livret A prend en compte la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et l’inflation hors tabac du second semestre 2025. Mais la Banque de France, de concert avec le ministère de l’Économie (communément appelé Bercy), peut s’écarter de cette formule, ce qui constitue des interventions politiques. Cette marge de manœuvre a déjà été utilisée entre août 2023 et janvier 2025, période pendant laquelle le taux a été artificiellement maintenu sous le calcul strict.
Qui est concerné ?
La révision du taux du Livret A ne touche pas seulement les 57 millions de détenteurs du livret. Les conditions de prêt des acteurs du logement social, qui sont indexées sur le taux du Livret A, pourraient s’améliorer si le taux baisse.
Les banques et les assureurs, qui voient le Livret A comme un concurrent, pourraient tirer parti d’une baisse pour rendre d’autres produits d’épargne, notamment les assurances vie, plus attractifs.
Le Livret d’épargne populaire (LEP), destiné aux ménages modestes, pourrait voir son taux diminuer de 2,7 % à 2,4 %, tout en restant nettement au-dessus du seuil théorique de 1,9 %. Le texte souligne aussi un vrai manque de promotion des LEP par les banques : 31 millions de personnes sont éligibles à ce produit, mais seulement 12 millions de LEP sont actuellement ouverts.
Le calendrier et la suite
La procédure est cadrée : la Banque de France doit recalculer le taux le jeudi puis transmettre sa proposition à Bercy dans les jours qui suivent. Il est probable que le ministre de l’Économie valide ce nouveau taux dès qu’il le reçoit. Les révisions du taux du Livret A ont lieu deux fois par an, mi-janvier (pour une application au 1er février) et mi-juillet (pour une application au 1er août).
La mise en avant du LEP comme option probable des autorités laisse entendre une volonté d’élargir les solutions pour les ménages modestes, en parallèle avec les ajustements de taux. En parallèle, la baisse continue du taux du Livret A pose des questions sur sa popularité à venir. La situation économique actuelle et l’évolution des taux d’intérêt montrent qu’un ajustement régulier est nécessaire pour trouver le bon équilibre entre l’épargne et l’envie de consommer, enjeu majeur pour la croissance française.



