Depuis début juin, une expérimentation a démarré en Creuse pour soulager les douleurs dentaires. Douze pharmacies volontaires du département peuvent désormais délivrer certains traitements, sous conditions. L’objectif est de répondre à la pénurie de chirurgiens-dentistes dans la région. Pour la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Centre Nord Creuse, ce dispositif doit soulager les patients et désengorger les services dentaires, dans un département touché par les « déserts médicaux ».
Formés et prêts : un protocole clair
La CPTS Centre Nord Creuse a coordonné l’opération. Sous la supervision de Myriam Langlois-Rucheton, les pharmaciens ont suivi une formation assurée par une dentiste du centre hospitalier de Guéret. Paul Juanna, pharmacien titulaire à Saint-Vaury, fait partie des premiers à proposer ce service. Sébastien Neel, pharmacien adjoint à la pharmacie Lebreton à Guéret, l’a aussi mis en place.
Les pharmaciens ont appris à utiliser du matériel spécifique (miroir, précelle, bombe de froid et cotons) pour délivrer jusqu’à neuf types d’ordonnances, dont des antidouleurs et des antibiotiques.
Qui peut en bénéficier et comment ça marche
La prise en charge concerne les adultes comme les enfants de plus de 10 ans, sans rendez-vous. « Une douleur dentaire à 22 heures ? On va chez le pharmacien », résume Myriam Langlois-Rucheton dans ICI Creuse. En moins d’un mois, 28 patients ont déjà eu recours au dispositif.
Les limites et les suites possibles
L’initiative répond temporairement aux douleurs dentaires, mais le rôle du pharmacien reste borné. « Le pharmacien a des limites, il n’est pas chirurgien-dentiste », rappelle Myriam Langlois-Rucheton. Dans les cas complexes, le patient est orienté vers un chirurgien-dentiste.
La Creuse compte une trentaine de chirurgiens-dentistes, soit « plus de deux fois moins nombreux que la moyenne nationale ». D’où l’intérêt de ce relais en officine.




