La revue indépendante Prescrire publie son bilan 2026 des médicaments « à écarter ». Cent-huit traitements sont jugés « plus dangereux qu’utiles », dont plusieurs très répandus dans les foyers français. Quatre nouveaux produits rejoignent cette liste noire, touchant des pathologies courantes comme l’arthrose, les bouffées de chaleur, la toux chronique ou les hémorragies sous anticoagulants.
Arthrose, douleurs et fièvre : des médicaments familiers mais jugés trop risqués
Parmi les pathologies les plus fréquentes, l’arthrose et les douleurs articulaires conduisent chaque année des millions de Français vers des traitements perçus comme fiables. Pourtant, la revue Prescrire ajoute en 2026 Chondrosulf (chondroïtine) à sa liste noire. La rédaction explique que cette molécule n’apporte « pas d’efficacité tangible » sur la douleur ou la mobilité, alors qu’elle expose à des réactions d’hypersensibilité.
Les anti-inflammatoires largement utilisés comme le diclofénac (Voltarène) sont également pointés. Plusieurs médias rappellent que ce médicament est considéré comme présentant un risque cardiovasculaire supérieur à d’autres options. L’un d’eux note que certains traitements réputés anodins se révèlent parfois « plus dangereux qu’utiles ».
Dans de nombreux foyers, la prise de diclofénac ou de comprimés antalgique-AINS en automédication fait partie des réflexes face aux douleurs ou aux poussées inflammatoires. Les conclusions de Prescrire invitent pourtant à une vigilance accrue, notamment pour les personnes souffrant de problèmes cardiaques.
Troubles digestifs : Smecta et d’autres incontournables remis en question
Les pathologies digestives — diarrhée passagère, inconfort intestinal, brûlures — comptent parmi les troubles les plus traités sans avis médical. Or, plusieurs médicaments destinés à ces symptômes figurent dans la liste noire.
Le plus emblématique est Smecta, longtemps considéré comme l’un des produits les plus sûrs de l’armoire à pharmacie. Prescrire signale toutefois un risque lié à la présence d’aluminium, en particulier chez les enfants ou lors d’usage répété. Dans divers médias, Smecta fait partie des exemples de produits de grande consommation désormais déconseillés.
D’autres traitements digestifs ou modulateurs de la flore, pourtant très prisés, souffrent soit d’une efficacité non démontrée, soit d’effets indésirables supérieurs au bénéfice attendu. Pour les consommateurs, c’est un changement de repère : beaucoup pensent encore que les médicaments “classiques” de la sphère digestive sont sans danger.
Cette catégorie illustre l’un des enseignements majeurs du bilan : les médicaments les plus utilisés ne sont pas toujours ceux dont la balance bénéfices-risques est la meilleure.
Maux de gorge et infections bénignes : Maxilase parmi les médicaments à éviter
Les infections ORL bénignes — maux de gorge, irritations, débuts d’angine — figurent parmi les motifs les plus fréquents d’automédication. Le Maxilase, enzyme inflammatoire présent depuis des décennies sur le marché, est désormais considéré comme un médicament à éviter.
Prescrire estime que son efficacité réelle est insuffisante, alors que des risques allergiques parfois sévères existent. Plusieurs couvertures médiatiques rappellent que Maxilase fait partie des traitements que les Français utilisent le plus volontiers pour “faire passer un mal de gorge”, alors même que l’effet obtenu serait très limité.
Ce constat s’ajoute à une problématique déjà identifiée : la tentation fréquente de traiter des symptômes bénins avec des médicaments dont l’intérêt thérapeutique est discutable.
Bouffées de chaleur, toux chronique, hémorragies : les quatre nouvelles alertes 2026
La mise à jour 2026 introduit quatre nouveaux médicaments, touchant des pathologies parfois insuffisamment prises en charge :
- Veoza (fézolinetant) pour les bouffées de chaleur : efficacité limitée et atteintes hépatiques. Prescrire juge ses bénéfices « insuffisants ».
- Lyfnua (géfapixant) pour la toux chronique : efficacité non démontrée et troubles du goût persistants.
- Ondexxya (andexanet alfa), antidote des anticoagulants anti-Xa : données d’efficacité trop faibles pour un risque de thromboses élevées.
- Chondrosulf, évoqué plus haut.
Ces entrées montrent que même les traitements récents ou perçus comme innovants ne garantissent pas un progrès thérapeutique.
Automédication : des réflexes à revoir
Le bilan 2026 souligne un enjeu majeur : les médicaments à éviter concernent des pathologies banales, du quotidien, pour lesquelles les consommateurs agissent souvent sans avis médical.
Plusieurs médias rappellent que certains produits présents « dans toutes les armoires à pharmacie » sont en réalité de mauvais choix thérapeutiques. Ce constat est renforcé par Prescrire, qui souligne que « d’autres options disposent d’une meilleure balance bénéfices-risques ».
Cette évolution impose un rôle renforcé pour les pharmaciens et les médecins généralistes, chargés de réorienter les patients vers des solutions non médicamenteuses ou vers des traitements mieux établis scientifiquement.



