En plein été, les 2 000 producteurs de cerises français invitent les consommateurs à manger ce fruit. La raison est simple : la récolte s’annonce abondante, au moment où les contraintes logistiques et économiques s’accumulent. Composée à 90 % d’eau, la cerise ne se conserve pas comme la pomme, d’où la nécessité de l’écouler vite.
Une récolte abondante, favorisée par la météo
Le pic de production a lieu en ce moment. Les arboriculteurs attendent plus de 30 000 tonnes cette année, soit un tiers de plus qu’à l’ordinaire. Cette progression tient aux conditions climatiques, qui leur ont été favorables, comme l’explique Mathilde Chambe, arboricultrice à Bessenay, près de Lyon, sur franceinfo : « Les aléas climatiques ont été en notre faveur ». Les années passées ont souvent souffert de la pluie ou de la grêle ; cette saison y a échappé.
Une saison courte : il faut consommer vite
La saison de la cerise dure quelques semaines à peine, après onze mois de travail. La moitié de la récolte se vend en juin, ce qui impose une commercialisation rapide. Les producteurs cueillent les fruits et les expédient le soir même chez des grossistes, pour une mise en rayon dès le lendemain. Ce circuit court s’impose, comme le dit Mathilde Chambe : « On ne peut pas stocker la cerise. La pomme se stocke très bien, la cerise, non ».
Des enjeux économiques et la pression sur les prix
Le kilo se vend aujourd’hui entre 5 et 8 €, un écart qui dépend de plusieurs éléments, à commencer par les coûts de production. La cueillette à la main et l’absence d’insecticides comme l’acétamipride, interdit en France alors qu’il reste autorisé dans d’autres pays européens, alourdissent la facture. S’y ajoutent la lutte contre les ravageurs, dont la mouche suzukii, et le fait de couvrir les vergers pour protéger les cultures. « On a des coûts qui augmentent énormément », déclare Mathilde Chambe, qui pointe les difficultés financières des agriculteurs.





