Passoires thermiques : un ménage sur dix vit dans un logement mal isolé

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Passoires thermiques : un ménage sur dix vit dans un logement mal isolé | journaldeleconomie.fr

En France, plus d’un ménage sur dix vit dans un logement extrêmement mal isolé, qualifié de « passoire énergétique ». Selon les chiffres du Service des données et études statistiques (SDES) au 1er janvier 2024, 5,8 millions d’habitations sont classées F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), soit 15,6 % du parc immobilier français.

Des millions de logements mal isolés

Ces logements, très gourmands en énergie, pèsent lourdement sur les factures des ménages et compliquent la transition écologique. Ils contribuent en effet à hauteur de 16 % aux émissions nationales de gaz à effet de serre en 2023. L’État encourage leur rénovation à travers diverses aides et une interdiction progressive de leur mise en location. Depuis janvier 2023, les logements classés G ne peuvent plus être loués, et cette mesure s’étendra aux logements classés F en 2028, puis aux logements E en 2034.

Si les locataires sont directement touchés par ces conditions de logement, les premiers concernés restent les propriétaires occupants. Près de 2,59 millions d’entre eux vivent dans une passoire énergétique, souvent faute de moyens pour entreprendre des travaux. Selon l’association Stop Exclusion énergétique, ces propriétaires sont généralement des personnes ayant hérité d’un bien ou ayant acheté à une époque où elles avaient davantage de ressources.

Certaines régions sont particulièrement touchées par cette problématique. L’Île-de-France arrive en tête avec plus d’un million de logements très mal isolés, soit 20 % des résidences principales. La Bourgogne-Franche-Comté suit avec 18,2 % de passoires énergétiques, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (15,8 %).

Le profil type d’un logement très mal isolé est une maison individuelle de 80 m², construite avant 1948 et chauffée à l’électricité. L’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) rappelle que ces logements se trouvent souvent dans des agglomérations de plus de 100.000 habitants.

Une rénovation qui progresse lentement

Dans le parc locatif privé, 15,9 % des biens mis en location par des bailleurs privés sont concernés, soit 567.000 logements classés G et 737.000 classés F. Parmi eux, 29,3 % appartiennent à des propriétaires dont les revenus se situent parmi les 10 % les plus élevés (supérieurs à 3.490 euros par mois et par personne). En revanche, le parc de logements sociaux affiche une meilleure performance énergétique, avec seulement 7,4 % de passoires.

Malgré les aides de l’État, la transformation du parc immobilier avance à un rythme modéré. Entre janvier 2023 et janvier 2024, 13 % des logements classés F ont été rénovés et sont sortis de cette catégorie, soit 111.000 habitations. Pour les logements classés G, la proportion atteint 12 % (80.000 rénovations).

Les dispositifs comme MaPrimeRénov’ ou l’éco-prêt à taux zéro sont censés encourager les propriétaires à améliorer la performance énergétique de leur bien. Pourtant, ces aides restent parfois complexes à obtenir, notamment pour les ménages modestes.

Alors que la réglementation se durcit progressivement, la pression augmente sur les propriétaires. Pour certains, l’obligation de rénover entraîne des arbitrages financiers difficiles. D’autres pourraient être contraints de vendre leur bien à perte si les travaux coûtent trop cher. La lutte contre les logements énergivores est donc un enjeu de long terme qui demande une mobilisation renforcée de l’État et des acteurs du logement.

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