Qu’est-ce qui se passerait en cas de tempête solaire historique ? L’ESA a fait la simulation

L’ESA a récemment simulé une tempête solaire d’ampleur historique, comparable à celle de 1859. Derrière cet exercice spectaculaire, un enjeu crucial : comprendre comment une telle explosion du Soleil pourrait bouleverser les télécommunications, les réseaux de navigation et l’ensemble des systèmes qui soutiennent notre société connectée.

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Le 24 octobre 2025, l’European Space Agency (ESA) a dévoilé les résultats d’une vaste simulation d’une tempête solaire extrême, baptisée Carrington Simulation Exercise. Inspirée de l’événement de Carrington, cette manœuvre a permis d’évaluer la capacité des satellites et des infrastructures terrestres à résister à un déchaînement solaire. Mauvaise nouvelle… elles risquent de s’effondrer.

Tempête solaire : une simulation extrême pour tester la résilience spatiale

L’exercice, conduit au centre de contrôle de Darmstadt, en Allemagne, a reproduit la séquence d’une tempête solaire d’envergure exceptionnelle : une éruption de classe X45, suivie d’un flux de particules à haute énergie et d’une éjection de masse coronale atteignant 2 000 km/s.
Selon Phys.org, cette combinaison de phénomènes provoquerait une augmentation de la densité atmosphérique de + 400 %, accroissant considérablement la traînée des satellites en orbite basse.

Concrètement, cette montée en densité perturbe les trajectoires orbitales et complique la surveillance de milliers d’objets spatiaux. Les satellites de télécommunication, de navigation et d’observation seraient directement touchés. L’ESA a donc testé la réaction de ses équipes face à la perte soudaine de signal, aux anomalies électroniques et à la saturation des réseaux de commande.

« Ce n’est pas une question de savoir si cela se produira, mais quand », a souligné Gustavo Baldo Carvalho, chef du programme. L’agence a également profité de cette simulation pour renforcer ses protocoles d’alerte et de coordination en cas de perturbation majeure du trafic spatial.

Télécommunications, navigation, énergie : la vulnérabilité du monde connecté

Si l’exercice a suscité l’intérêt de la communauté scientifique, il interpelle aussi le grand public : que se passerait-il si une tempête solaire de ce type frappait réellement la Terre ?
Les conséquences, selon Earth.com, seraient « mondiales et immédiates ». Les satellites de télécommunication subiraient des surtensions, entraînant des coupures dans les transmissions radio, Internet par satellite et liaisons intercontinentales. Les signaux GPS et Galileo seraient fortement dégradés, perturbant la navigation aérienne, maritime et terrestre.

Les ondes radio à haute fréquence (HF), utilisées par les secours et les forces de sécurité, pourraient être brouillées pendant plusieurs heures. Dans certaines régions polaires, déjà sensibles à l’activité solaire, les communications pourraient devenir impossibles. Les compagnies aériennes, qui s’appuient sur des routes transarctiques, seraient contraintes de détourner leurs vols, augmentant les coûts et les temps de trajet.

Au sol, les courants géomagnétiques induits (GIC) constituent une autre menace : en surchargant les transformateurs, ils peuvent provoquer des coupures de courant à grande échelle. Le Helsinki Times évoque la possibilité de blackouts « durant plusieurs jours », paralysant les réseaux électriques et donc les communications filaires.

Anticiper pour préserver les réseaux vitaux

Face à ce risque global, l’ESA et plusieurs partenaires européens ont décidé d’investir dans la prévention. La mission Vigil, prévue pour 2031, sera positionnée au point L5 pour surveiller l’activité solaire latérale et détecter les tempêtes solaires avant qu’elles ne frappent la Terre. Selon YourWeather.co.uk, cette station d’observation offrira une fenêtre d’alerte de 12 à 18 heures, précieuse pour protéger les satellites et mettre à l’abri les systèmes critiques.

Parallèlement, le programme D3S (Distributed Space Weather Sensor System) déploiera des capteurs interconnectés afin d’obtenir une vision en temps réel du vent solaire et de ses effets sur les communications. L’objectif est clair : rendre le système spatial européen plus résilient face aux perturbations électromagnétiques. Mais, comme le résume Thomas Ormston, responsable adjoint du satellite Sentinel-1D : « En cas d’événement extrême, il n’existe pas de bonnes solutions. Il faut choisir quelles missions sauver et limiter les dégâts. »

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