La réforme des titres-restaurant est à l’étude et pourrait bien bouleverser leur utilisation dès 2025. Fin des plafonds ? Restrictions sur la grande distribution ? Nouvelles conditions fiscales ? Ce chantier lancé par le gouvernement divise restaurateurs, salariés et distributeurs. Que peut-on vraiment attendre de ces modifications ?
Pourquoi réformer les titres-restaurant en 2025 ?
Le 7 février 2025, Véronique Louwagie, ministre du Commerce et des PME, a annoncé que des propositions de réforme du titre-restaurant seront présentées dès l’été afin d’être appliquées avant fin 2026. Une nécessité : depuis leur création, les titres-restaurant permettent aux salariés de financer leur repas quotidien, mais leur usage a fortement évolué, notamment avec la crise sanitaire qui a élargi leur champ d’application à la grande distribution.
Initialement, l’achat de produits alimentaires non préparés via les titres-restaurant était une mesure temporaire liée à la crise sanitaire. Pourtant, le Parlement a prolongé cette possibilité jusqu’en décembre 2026, provoquant la colère des restaurateurs qui dénoncent un « titre-caddie » et plus d’un milliard d’euros de pertes au profit des grandes surfaces.
Autre point de friction : les frais de commission imposés par les émetteurs de titres-restaurant aux commerçants. Ceux-ci peuvent atteindre 5 % à 8 % du montant des transactions, un niveau jugé excessif par de nombreux professionnels.
Les pistes de réforme annoncées par la ministre
Véronique Louwagie, interrogée par FranceInfo, a esquissé plusieurs orientations lors d’une concertation avec les acteurs du secteur.
| Piste de réforme | Détails | Effet attendu |
|---|---|---|
| Plafonnement différencié | Fixation d’un plafond plus élevé pour les restaurants qu’en supermarché | Limite les abus en grande distribution |
| Dématérialisation totale d’ici 2026 | Disparition progressive des tickets papier | Simplification des transactions |
| Extension d’usage | Possibilité d’utiliser les titres en dehors des départements voisins | Augmentation de la flexibilité pour les salariés |
| Utilisation le dimanche et jours fériés | Actuellement autorisée seulement si le salarié travaille ces jours-là | Plus de liberté dans l’utilisation |
Le gouvernement veut ainsi rééquilibrer les bénéfices du dispositif, tout en assurant une transition numérique efficace. La réforme des titres-restaurant est inévitable, mais reste floue quant à ses contours définitifs. Si elle permet une meilleure flexibilité pour les salariés, elle devra aussi apaiser la colère des restaurateurs et garantir la pérennité du modèle.



