Selon une étude de l’Observatoire de la parentalité numérique révélée par France Info, près de trois quarts des parents soutiennent une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, tandis que 85% estiment qu’elle serait contournable.
Réseaux sociaux : des parents souvent dépassés par des usages qu’ils ne maîtrisent pas
Dans de nombreuses familles, la question des réseaux sociaux s’invite très tôt dans la vie quotidienne. L’accès au smartphone, souvent dès l’entrée au collège, ouvre la porte à des plateformes dont les codes échappent en grande partie aux adultes. Selon France Info, l’étude de l’Observatoire de la parentalité numérique met des chiffres sur ce décalage entre les pratiques des adolescents et la capacité des parents à les encadrer.
Les parents interrogés décrivent un environnement numérique omniprésent, difficile à contrôler et source de tensions récurrentes. Notifications permanentes, échanges nocturnes, pression du groupe : pour beaucoup, les réseaux sociaux ne sont plus perçus comme de simples outils de communication, mais comme des espaces susceptibles d’influencer profondément le comportement et le bien-être des mineurs.
C’est dans ce contexte que l’idée d’une interdiction avant 15 ans apparaît, pour une majorité de parents, comme une tentative de reprise de contrôle.
Une adhésion majoritaire à l’idée d’un cadre légal
Selon France Info, 74% des parents se disent favorables à une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. L’adhésion est encore plus marquée lorsque l’âge est abaissé : près de 9 parents sur 10 soutiennent une interdiction avant 13 ans, peut-on lire sur le site de France Info.
Cette position traduit avant tout une attente de règles communes. Beaucoup de parents estiment qu’un cadre légal clair permettrait d’éviter les comparaisons entre enfants et de limiter les conflits au sein des familles. L’interdiction est perçue comme un appui, venant renforcer une autorité parentale mise à mal par la généralisation des smartphones.
Selon France Info, les parents associent principalement les réseaux sociaux à des risques de cyberharcèlement, d’exposition à des contenus inadaptés et de dépendance aux écrans. Pour eux, retarder l’accès à ces plateformes permettrait de préserver les enfants à un âge jugé trop précoce pour affronter ces logiques numériques.
Une interdiction jugée largement inefficace
Ce soutien de principe n’efface toutefois pas un profond scepticisme. Toujours selon France Info, 85% des parents estiment qu’une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans serait contournable.
Les parents évoquent des situations déjà vécues : création de comptes avec une fausse date de naissance, utilisation de profils appartenant à des amis ou à des membres de la famille, accès via des téléphones non surveillés. Pour beaucoup, les adolescents disposent de compétences numériques supérieures à celles de leurs parents, rendant les contrôles difficiles à mettre en œuvre.
« Les parents sont favorables à l’interdiction, mais peu nombreux à croire à son efficacité réelle », rapporte France Info. Cette lucidité souligne le fossé entre la règle et la pratique, et nourrit un sentiment d’impuissance face à des plateformes conçues pour contourner les barrières d’âge.
Des attentes fortes envers les plateformes numériques
L’étude révélée par France Info montre également que les parents ne souhaitent pas porter seuls la responsabilité du contrôle. Beaucoup estiment que les plateformes de réseaux sociaux doivent jouer un rôle plus actif dans la protection des mineurs.
Selon France Info, les parents interrogés jugent les dispositifs actuels de vérification de l’âge insuffisants. Ils réclament des mesures plus contraignantes, tout en exprimant des réserves sur certaines solutions techniques, notamment celles reposant sur la vérification d’identité ou la collecte de données personnelles sensibles.
Ce double discours traduit une tension persistante : comment renforcer la protection des mineurs sans porter atteinte à la vie privée ni alourdir excessivement les démarches d’accès aux services numériques.
Au-delà de l’interdiction, la question de l’éducation numérique
Enfin, l’étude met en lumière une attente forte en matière d’accompagnement. Selon France Info, de nombreux parents estiment que l’éducation au numérique reste insuffisante, aussi bien à l’école qu’au sein des familles.
Plutôt qu’une exclusion durable des réseaux sociaux, les parents interrogés évoquent la nécessité d’un accès progressif, encadré et expliqué. L’interdiction avant 15 ans apparaît alors comme un outil parmi d’autres, destiné à retarder l’exposition plutôt qu’à l’empêcher définitivement.



