Un nouveau rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publié le 12 mars 2025 et commandé par le Conseil d’orientation des retraites (COR), se penche sur les inégalités de pension entre femmes et hommes. L’étude explore la réforme possible de la majoration de pension accordée aux parents ayant au moins trois enfants. Le gouvernement d’Elisabeth Borne souhaite ainsi revoir les droits des familles en matière de retraite afin de redresser des disparités qui favorisent souvent les hommes, dont les pensions sont généralement plus élevées.
État actuel du dispositif et ses limites
Aujourd’hui, une majoration de 10% est accordée à tous les assurés ayant au moins trois enfants. En 2020, cela représentait un coût total de 8,4 milliards d’euros, soit 2,9% des pensions de droit direct. Ce dispositif profite évidemment plus aux hommes, car leurs pensions de base sont plus importantes. Pour donner un ordre d’idée, le montant moyen mensuel perçu s’élève à 105 euros : les femmes reçoivent en moyenne 77 euros contre 136 euros pour les hommes. Près de 40% des retraités en bénéficient, mais l’équilibrage de la répartition reste quasi inexistant.
Les pistes de réforme envisagées
Trois options sont sur la table pour essayer de niveler un peu le jeu :
- Montant forfaitaire universel
- À compter de 2026, on propose de verser un montant fixe de 150 euros par mois aux parents ayant trois enfants ou plus. Dans ce scénario, environ 60% des femmes et un peu plus de 40% des hommes en bénéficieraient. Concrètement, la pension moyenne des femmes augmenterait légèrement tandis que celle des hommes reculerait dans une proportion équivalente.
- Majoration réservée aux femmes
- Ici, l’idée serait d’accorder une majoration dès le premier enfant, avec un bonus qui progresserait jusqu’à 13% pour trois enfants ou plus et un plafond annuel de 3 000 euros brut. Une telle mesure permettrait d’améliorer nettement la retraite des femmes tout en réduisant celle des hommes.
- Majoration forfaitaire évolutive pour les femmes
- Cette option prévoit un montant variable, pouvant aller jusqu’à 160 euros par mois, réservé aux mères et modulé en fonction du nombre d’enfants. Ce scénario pourrait bien bénéficier aux femmes ayant de faibles pensions, tout en resserrant l’écart global entre hommes et femmes. Toutefois, certains redoutent une « dérive financière » (c’est-à-dire un déséquilibre dans les finances des régimes de retraite), surtout parce que ce dispositif serait lié à l’évolution du salaire moyen par tête (SMPT).
Réactions et perspectives
La proposition divise les avis. La CFDT, par exemple, rappelle qu’il faut vraiment améliorer les retraites des femmes. De leur côté, certains participants au sondage du COR ne sont pas emballés par l’idée de cibler exclusivement les mères aux revenus faibles, préférant voir une augmentation dès le premier enfant.
D’autres alternatives, comme la majoration de durée d’assurance ou l’Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF), sont aussi évoquées pour mieux répondre aux besoins spécifiques des femmes retraitées.




