– la rationalisation,
– la symbiose.
La politique de préservation
Dans le cas de la préservation, les conditions d’une intégration réussie consistent avant tout à :nna) Protéger la structure de l’entité acquise et le périmètre de ses activités : la première action à mener est en effet d’empêcher les dirigeants d’imposer à la société acquise leur style de management. Le défi consiste ici à assurer une forte autonomie de gestion à l’entité achetée, en évitant de toucher à sa mission et aux facteurs susceptibles de consolider son développement, comme sa culture, son mode d’organisation ou ses compétences.
b) Fournir à l’entreprise acquise les fonds et savoir-faire nécessaires à son expansion : comme toute firme en développement, l’entité achetée qui est susceptible de croître rapidement, doit disposer, lorsque le cycle de croissance le demande, de ressources lui permettant de répondre au mieux aux coûts souvent importants de recherche et développement. La difficulté réside ici dans le dosage.
c) Identifier les ressources hors exploitation (ex: compétences managériales ou relationnelles) pouvant favoriser des échanges entre les deux entités : même si les métiers des deux firmes sont généralement distincts, il n’est pas exclu d’envisager entre elles certains transferts de ressources.
L’intégration par préservation demande par conséquent du temps et une capacité à soutenir l’activité de l’entité acquise, sans pour autant influencer sa vision et sa stratégie.
La politique de rationalisation
Pour réussir ce type d’intégration, il convient de respecter certaines règles :nna) Procéder à un plan d’intégration précis et détaillé : le principal avantage de ce mode d’intégration réside dans la possibilité de pouvoir fixer les objectifs opérationnels du regroupement. En effet, le cadre général du nouvel ensemble peut être défini assez rapidement, en mettant en avant la nouvelle structure, la répartition des effectifs, le partage des ressources ainsi que la réorganisation des systèmes et processus existants.
b) Affirmer la vision du nouveau groupe en faisant état d’une cohérence globale : parallèlement à la définition du programme, il convient de favoriser une certaine lisibilité. Le fait de disposer d’un calendrier précis permet de communiquer davantage sur les perspectives de croissance et de développement, notamment en ce qui concerne le chiffre d’affaires et les parts de marchés consolidés résultant de la fusion.
c) Mener une politique de rationalisation judicieuse : le succès d’une intégration par rationalisation passe par une hiérarchisation des priorités, la suppression des zones de recouvrement et le réexamen sérieux des niveaux d’encadrement.
d) Gérer efficacement les conflits potentiels : face à la rapidité et parfois la brutalité de la mise en œuvre, il convient pour la direction de bien cerner les problèmes humains posés par le rapprochement, en s’attachant à rassurer le plus grand nombre.
e) Eviter de supprimer certains atouts de l’entité acquise par aveuglement : l’intégration par rationalisation ne doit pas faire perdre de vue l’intérêt pour l’acquéreur de trouver chez l’entité acquise certaines pratiques efficientes qu’il convient de conserver voire même de promouvoir.
L’intégration par rationalisation présente l’avantage de pouvoir agir à court terme et donc de produire des résultats rapidement. Le principal écueil à éviter est la confusion entre la domination aveugle et la rigueur nécessaire au maintien de la cohérence stratégique du Groupe. A trop vouloir uniformiser, l’acquéreur peut empêcher toute forme d’initiative et détruire certains atouts cachés de l’entité acquise.
L’intégration de symbiose
Ainsi, pour conduire dans de bonnes conditions ce type d’intégration, il convient de veiller au respect de certains principes :nna) Développer des relations de coopération dans le cadre d’un système d’autorité unique aux mains de l’acquéreur : l’intégration de type symbiotique n’est pas synonyme de gestion consensuelle. Si le succès de l’intégration repose sur les apports des deux firmes, il convient d’éviter les mécanismes qui conduisent au statu quo. Il est donc essentiel que le nouvel ensemble s’appuie sur un système d’autorité unique clair, à savoir dans le cas présent celui de l’entreprise acheteusennb) Respecter les différences culturelles et organisationnelles : l’intégration symbiotique pour éviter les risques posés par une destruction éventuelle des ressources de l’entité acquise doit démarrer par une action de prévention. Cette action vise à préserver les différences culturelles et organisationnelles des entités, et plus particulièrement celle de la société acquise.
c) Faire preuve de compréhension, en étant ouvert aux qualités de l’autre : Une manière de favoriser cette compréhension peut consister, au-delà des réunions de groupe, à renforcer la connaissance des activités, en transférant des personnes clés entre les deux sociétés.
d) Mettre en avant un problème d’intérêt général cohérent, qui permette de fédérer les deux parties : l’intégration symbiotique repose sur un élan, un mouvement sur lequel doivent se développer des initiatives et une adhésion globale au projet. Pour y parvenir, il est donc essentiel que la collaboration entre les deux entités, au-delà de la réalisation des synergies, repose sur le traitement d’un problème d’intérêt supérieur, de nature à impliquer l’ensemble des collaborateurs. Il s’agit de mettre en avant un problème réel et légitime qui engage l’avenir du nouvel ensemble et par voie de conséquence les deux organisations. On peut citer comme exemples, la perte d’un client majeur ou encore l’arrivée d’un concurrent menaçant. Naturellement, ces événements ne sont pas toujours prévisibles ni même souhaitables. Ils illustrent simplement la portée du problème, sur lequel une dynamique de groupe peut se développer.
e) légitimer les apports l’entité acquise : Dans ce type de situation, l’acquéreur doit assumer ses responsabilités et donner sa vision de la situation et les insuffisances relevées pour mener à bien le projet. C’est en effet à cette condition qu’une véritable collaboration entre les parties peut être possible et déboucher sur des initiatives fortes notamment de la part des membres de la société acquise.
Au-delà de ces principes, il convient ici d’admettre que l’intégration de symbiose demande d’accepter les erreurs, voire certains échecs. Dans ce domaine plus que tout autre, l’esprit d’ouverture et la persévérance sont essentiels à la réussite du projet.
Processus de création et d’intégration doivent converger
Reférences
Meier O. (2009), Stratégies de croissance, Dunod. Meier O., Koenig G.(2001), » Symbiotic Acquisitions: The Drawbacks to a Rationalist Approach« , M@n@gement, 4(1): 23-45. Meier O., Schier G. (2019), Fusions acquisitions, 6ème ed., Dunod. (*) Poniachek H.A (2019), Mergers and Acquisitions: A Practitioner’s Guide to Successful Deals, en coll., World Scientific Publishing Co Pte Ltd. (2) Sherman A. (2018), Mergers and Acquisitions: from A to Z, 4 th ed., Amacom.
