Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, la question de l’alcool et de la conduite s’impose une nouvelle fois comme un marqueur critique de la sécurité routière. Les chiffres publiés fin décembre confirment une tendance préoccupante : la consommation d’alcool progresse, l’usage de la voiture persiste, et la prise de risque devient presque structurelle lors du Réveillon.
Alcool et conduite : une prise de risque assumée lors du Réveillon
L’alcool n’est plus un facteur marginal. Il est central. Selon le dernier baromètre de l’association Prévention Routière, 80 % des Français déclarent qu’ils consommeront de l’alcool lors du Réveillon, avec une moyenne estimée à 3,2 verres par personne, relate CNEWS. Pourtant, dans le même temps, 26 % envisagent de reprendre le volant pour rentrer. Cette coexistence traduit une prise de risque consciente, répétée, presque intégrée aux usages de la nuit du Nouvel An.
D’autant plus que la mobilité explose. La moitié des Français prévoit de fêter hors de son domicile, soit une hausse nette par rapport à l’année précédente. Dès lors, l’automobile devient l’outil privilégié du retour, même lorsque l’alcool est consommé.
Alcool, illusion de contrôle et danger routier
La prise de risque repose aussi sur une illusion persistante. Selon TF1 Info, 47 % des Français ignorent combien de temps il faut pour éliminer un seul verre d’alcool. Pourtant, cette donnée conditionne directement la capacité à conduire sans danger. Malgré cela, nombreux sont ceux qui estiment pouvoir “gérer”, renforçant ainsi un sentiment de contrôle déconnecté de la réalité physiologique.
Plus inquiétant encore, 68 % des personnes concernées par l’alcool et la conduite envisagent des stratégies inefficaces pour réduire le risque, comme attendre un certain temps ou rouler plus lentement, selon TF1 Info. Or, aucune de ces pratiques ne diminue l’alcoolémie. Elles déplacent simplement le risque sur la route.
45 % des Français seront confrontés à la question de l’alcool et de la conduite, pour eux-mêmes ou pour leur entourage. Les conséquences sont pourtant connues. Chaque année, la nuit du Nouvel An figure parmi les périodes les plus meurtrières sur les routes françaises. Selon DNA, environ quinze personnes décèdent en moyenne entre le 31 décembre et le 1er janvier, avec une implication régulière de l’alcool. Face à ce danger, les contrôles se renforcent et les messages de prévention se multiplient. Mais tant que l’automobile restera perçue comme un droit inconditionnel, la sécurité routière continuera de payer le prix de cette prise de risque banalisée.


