Les discussions entre le patronat et les syndicats sur l’assurance chômage arrivent à un tournant, à un peu plus d’une semaine de la date butoir fixée au 25 février. Cette série de rendez‑vous, qualifiée de « l’heure de vérité », est une tentative majeure pour trouver un accord sur le renforcement et l’équilibre financier du régime d’assurance chômage en France.
Les objectifs économiques au centre des négociations
Un document révélé par BFM Business détaille les propositions des organisations patronales : le Medef, la CPME, et l’U2P. Adressé explicitement aux syndicats, ce texte montre la volonté du patronat de dégager plus d’un milliard d’euros d’économies Unédic, soit bien plus que les 400 millions d’euros initialement demandés par le gouvernement.
Les économies visées se répartissent sur plusieurs volets. Le dispositif des ruptures conventionnelles, par exemple, coûte 9,4 milliards d’euros en 2024, et environ 26% des allocations versées annuellement sont imputées à ces ruptures.
Ce que les propositions changent pour les différents secteurs
Les réductions ciblent surtout les bénéficiaires des ruptures conventionnelles, présentés comme « un public plus jeune, plus qualifié, mieux indemnisé » et, selon le patronat, plus susceptibles de retrouver un emploi rapidement. Parmi les mesures envisagées :
- une durée maximale d’indemnisation réduite à 20 mois pour les moins de 55 ans (contre 24 mois aujourd’hui)
- et à 30 mois pour les 55 ans et plus (au lieu de 36 mois).
Au‑delà de ces durées, la période d’indemnisation serait aussi réduite de 25%.
Pour les intermittents du spectacle, la période d’activité requise pour toucher une indemnisation monterait de 507 heures à 557 heures sur 12 mois. Les résidents français travaillant à l’étranger, notamment en Suisse ou au Luxembourg, sont aussi concernés : le patronat propose que l’indemnisation soit prise en charge par l’État où les cotisations ont été versées, en anticipant un coût net de 850 millions d’euros pour les transfrontaliers en 2024. Ces mesures sont en ligne avec les réformes de France Travail.
Indus et revalorisation des allocations : les pistes
Les propositions vont plus loin. Les organismes patronaux veulent s’attaquer aux indus (trop‑perçus), qui atteignent près de 1,5 milliard d’euros par an. Ils proposent d’améliorer les échanges d’information et de simplifier les procédures pour réduire ces excédents.
Sur la revalorisation des allocations chômage, généralement discutée lors du Conseil d’administration de l’Unedic prévu en juin, le patronat recommande un gel exceptionnel dès cette année.





