Le monde catholique est sous le choc après le décès du pape François, survenu lundi 21 avril à 88 ans. Sa disparition marque la fin d’une époque pour l’Église, marquée par une approche humble et une volonté ferme de réformer. Les funérailles se tiendront samedi matin sur la place Saint-Pierre du Vatican, rassemblant croyants et dignitaires du monde entier pour rendre hommage à celui souvent surnommé le « pape des pauvres ».
Un parcours hors du commun
Né sous le nom de Jorge Mario Bergoglio, le pape François était fils d’immigrés italiens en Argentine. Issu d’un milieu modeste, il a gravi les échelons de l’Église jusqu’à être élu en 2013, succédant à Benoît XVI après sa démission. Son élection fut historique à plusieurs titres : il est devenu le premier pape non européen de l’ère moderne et a choisi le nom de François en hommage à Saint-François d’Assise.
Tout au long de son pontificat, François s’est fait remarquer par sa simplicité. Il a opté pour vivre dans la résidence Sainte-Marthe plutôt que dans l’appartement pontifical, jugé bien trop grand. En plus, il ne touchait aucun salaire au Vatican, précisant lui-même : « Je ne gagne rien. Rien du tout. Ils me nourrissent et quand j’ai besoin de quelque chose, je leur demande. » Ce mode de vie contraste nettement avec celui de son prédécesseur Benoît XVI, qui avait perçu près de cinq millions d’euros en droits d’auteur.
✝️ Le pape François, décédé ce lundi 21 avril, laisse derrière lui un pontificat marqué par une volonté ferme de réformer en profondeur les finances du Vatican.
En 2023, le déficit dépassait les 83 millions d’euros. #Vatican #PapeFrançois #Cardinal #Église #Économie #Actualité pic.twitter.com/mmrJb3ZPRN— Capital (@MagazineCapital) April 23, 2025
Des réformes économiques audacieuses
François a également marqué les finances du Vatican par des mesures réformatrices visant à améliorer la gestion et à réduire le déficit budgétaire. En mars 2021, il décidait de réduire les salaires des cardinaux de 10%. Puis, en novembre 2024, cette réduction s’est étendue aux cardinaux à la tête d’un dicastère, leurs rémunérations mensuelles étant ramenées à environ 5 000 euros.
Ces décisions faisaient partie d’un effort plus large pour faire face à un déficit budgétaire qui dépassait les 83 millions d’euros en 2023. François avait alors appelé les cardinaux à prendre part activement à la baisse de ce déficit. Même si le Saint-Siège détenait un portefeuille immobilier impressionnant de quelque 5 000 biens, ses recettes s’étaient nettement enfoncées ces dernières années.
L’engagement en faveur des démunis
Surnommé le « pape des pauvres », François a toujours placé l’aide aux plus démunis au cœur de son action. Il revendait régulièrement les cadeaux qu’il recevait pour financer des œuvres caritatives – à l’instar de cette Lamborghini vendue pour 715 000 euros en 2018.
Son souci de justice passait aussi par une rationalisation au sein des structures ecclésiastiques. Ainsi, les prêtres, investis d’une mission spirituelle plutôt que d’un statut professionnel habituel, touchaient entre 1 000 et 1 200 euros par mois, tandis que les évêques percevaient environ 3 000 euros.

