Société Générale limite le télétravail : une décision qui divise

La Société Générale réduit le télétravail à un jour par semaine, suscitant la colère des syndicats et des employés.

Publié le
Lecture : 2 min
Société Générale limite le télétravail : une décision qui divise
Société Générale limite le télétravail : une décision qui divise | journaldeleconomie.fr

La Société Générale vient d’annoncer qu’elle réduirait le télétravail à un seul jour par semaine, ce qui fâche pas mal de gens dans l’entreprise et suscite la colère des syndicats. Ce revirement marque un retour en arrière par rapport aux mesures adoptées après le Covid-19, où plein d’entreprises avaient permis aux salariés de bosser à distance. La nouvelle s’inscrit dans une tendance similaire chez d’autres grandes banques comme JPMorgan, UBS et HSBC qui resserrent aussi leurs règles sur la présence au bureau.

Une démarche stratégique expliquée

Le directeur général, Slawomir Krupa, explique ce changement en parlant d’un besoin d’échanges en face à face pour renforcer la culture de l’entreprise (en d’autres termes, mieux intégrer les nouveaux collègues, faciliter l’apprentissage et transmettre les savoirs tout au long de la carrière, sans oublier d’encourager l’innovation). Pour lui, se retrouver physiquement aide à élaborer des solutions adaptées aux clients et à relever ensemble les défis opérationnels.

Pourtant, tout le monde n’est pas d’accord. Les syndicats, notamment la CGT SG et la CFDT SG, critiquent vivement cette décision. La CGT SG rappelle que les propos de Slawomir Krupa ont « fait l’effet d’une bombe » parmi les salariés et pointent du doigt l’incapacité des bureaux à accueillir tout le monde en même temps. Quant à la CFDT SG, elle déplore le manque de considération pour les conditions de travail, y voyant même une stratégie visant à pousser certains employés à quitter l’entreprise.

Les syndicats s’insurgent

Dès l’annonce, les syndicats ont réagi avec véhémence. La CGT SG n’hésite pas à dénoncer ce qu’elle considère comme une coupure brutale d’un dispositif qui marche depuis 2012. Le syndicat FO, de son côté, qualifie cette mesure de « politique autoritaire » et voit là une remise en cause flagrante des droits des salariés, surtout dans un climat déjà tendu à cause des restructurations et des suppressions de postes.

Frédéric Guyonnet, président du syndicat SNB/CFE-CGC, a exprimé sa surprise face à la brusquerie de l’annonce, sans absence de concertation avec les partenaires sociaux. Corinne Kazmierczak partage ce sentiment en notant que, malgré le ras-le-bol exprimé par les salariés, la direction reste inflexible.

Une grève en préparation

Devant cette situation tendue, trois syndicats appellent à la grève prévue pour le vendredi 27 juin (une date stratégique puisqu’elle précède le week-end et marque la fin du mois, période tendue pour les opérations bancaires). Cette mobilisation vise à dénoncer la réduction des jours de télétravail et fait suite à une première grève organisée le 25 mars dernier, qui portait sur la politique de rémunération.

Parallèlement, une opération baptisée « Tous sur site » est prévue pour le jeudi 3 juillet.

Un passé et des comparaisons révélateurs

En regardant ailleurs, d’autres institutions financières, comme le groupe BPCE, permettent jusqu’à dix jours de télétravail par mois sans envisager de mesures similaires à celle de la Société Générale. À titre d’exemple, La Banque Postale et BNP Paribas offrent jusqu’à 50 % du temps hebdomadaire en télétravail pour certaines fonctions, tandis qu’au Crédit Agricole Ile-de-France, les employés du siège n’ont pas subi la réduction d’un jour de télétravail hebdomadaire.

Cette transformation stratégique soulève des questions sur l’impact pour les clients et l’avenir de la banque sur le marché français.

Cette décision pourrait également modifier la donne pour l’immobilier bancaire. Effectivement, plusieurs banques avaient adapté leur parc immobilier en recourant au télétravail, certaines allant jusqu’à vendre leurs immeubles en centre-ville pour s’installer en périphérie parisienne.

Par ailleurs, la réduction du nombre d’agences en France ajoute encore à la complexité logistique. En cinq ans, ce sont plus de réduction d’agences qui ont fermé leurs portes, dont 542 agences appartenant à la Société Générale elle-même.

Laisser un commentaire

Share to...