Taxe E85, malus renforcé… ces décisions auto explosives que le budget a finalement enterrées

Des changements inattendus dans le budget 2026 laissent planer des doutes sur les ambitions écologiques du gouvernement.

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Taxe E85, malus renforcé… ces décisions auto explosives que le budget a finalement enterrées
Taxe E85, malus renforcé… ces décisions auto explosives que le budget a finalement enterrées © journaldeleconomie.fr

L’Assemblée nationale vient de franchir une étape en adoptant la partie recettes du budget 2026 via l’article 49.3. Cette décision a provoqué de vifs débats au Parlement. Plusieurs mesures prévues dans le projet initial ont été abandonnées, marquant un recul par rapport aux intentions budgétaires du gouvernement.

Taxes sur les carburants : ce qui a été retiré

Pendant les discussions budgétaires, le Parlement a choisi de ne pas retenir certaines hausses de taxes initialement prévues pour les carburants automobiles. Parmi les changements importants, les augmentations fiscales pour le superéthanol E85 et le diesel B100 ont été retirées, confirme Ouest France.

Le superéthanol E85 (fabriqué principalement à partir de betteraves) et le diesel B100 (dérivé du colza et largement utilisé dans le transport routier) étaient visés par un projet d’alourdissement fiscal. La fiscalité sur l’E85 devait passer de 12 centimes le litre à 52 centimes en 2028, une mesure qui aurait touché 400 000 automobilistes.

Dorothée Dayraut, du syndicat automobile Mobilians, a salué la décision, qualifiant ces carburants de « solution moins chère et favorable à l’environnement ». À l’inverse, Bastien Gebel de l’association Transport & Environment (T & E) a critiqué l’absence de bénéfice en matière de réduction des émissions de CO2 pour le B100 et a souligné les problèmes environnementaux liés à la production de l’E85.

Malus CO2 : ce qui bouge

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, un malus CO2 renforcé s’applique aux voitures neuves, prévu par la loi de finances 2025, avec une grille allant de 50 € pour les véhicules émettant plus de 108 g CO2/km à 80 000 € pour ceux dépassant 191 g CO2/km. Le projet de budget 2026 envisageait initialement d’abaisser le seuil à 98 g CO2/km en 2028, mais cette proposition a finalement été écartée.

Dorothée Dayraut a jugé « une bonne chose » cette suppression, expliquant que l’augmentation du nombre de modèles touchés par le malus (passé de 66 % en 2025 à 72 % en 2026) entraîne une hausse des prix et une baisse des volumes de vente. Bastien Gebel, lui, a déploré ce « rétropédalage », qu’il voit comme un signe de l’incapacité du gouvernement à poursuivre sa politique de décarbonation.

Et le malus masse pour les électriques ?

La loi de finances pour 2025 prévoyait aussi l’introduction d’un malus masse (une taxe basée sur le poids des véhicules neufs) pour certains véhicules électriques à partir de juillet 2026. Cette mesure n’apparaît plus dans la version finale du budget 2026. Dorothée Dayraut a simplement signalé cette annulation, sans qu’aucune justification technique ou politique détaillée ne soit donnée.

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