Sébastien Lecornu annonce suspendre la hausse de la taxe foncière

Sébastien Lecornu fait marche arrière compte-tenu de la fronde de la classe politique. Il annonce renoncer à la hausse de la taxe foncière.

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Le gouvernement fait marche arrière. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, annonce suspendre la hausse de la taxe foncière, annoncée il y a quelques jours. Cependant, il ouvre la porte à un nouveau mode de calcul.

Sébastien Lecornu fait marche arrière sur la taxe foncière

Le 26 novembre 2025, le gouvernement a annoncé une pause dans la hausse de la taxe foncière, initialement prévue pour l’an prochain. En cause, une méthode de calcul jugée inadaptée aux réalités territoriales. En suspendant ce mécanisme, Sébastien Lecornu promet une réforme « plus juste et plus locale » de cet impôt, dont le rendement pèse sur plus de 30 millions de propriétaires en France. La taxe foncière devait connaître en 2026 une revalorisation automatique après une décision unilatérale de Bercy. Une augmentation d’une soixantaine d’euros pour plus de 7 millions de propriétaires français. La mesure a directement suscité un tollé. Sébastien Lecornu a expliqué vouloir « suspendre la hausse prévue pour la taxe foncière le temps de redéfinir un mode de calcul plus juste et plus local ».

Cette décision s’applique « immédiatement » et bloque la revalorisation prévue pour 2026. La mesure, qui devait mécaniquement faire grimper les recettes fiscales, aurait représenté plusieurs centaines de millions d’euros supplémentaires pour les collectivités. Le gouvernement souhaite ainsi corriger un système devenu trop rigide, fondé sur des valeurs locatives cadastrales souvent obsolètes.

Cette pause fiscale traduit aussi un souci politique. Après plusieurs années de forte inflation, la pression fiscale locale est devenue un sujet sensible. En 2024, la taxe foncière avait déjà bondi de plus de 7 % en moyenne, conséquence directe de la révision automatique des bases cadastrales indexées sur l’inflation. Pour de nombreux ménages, l’addition devient lourde, d’autant plus que les loyers et les charges augmentent également.

Une réforme ciblée sur les réalités départementales

En suspendant la hausse jusqu’au printemps 2026, l’exécutif se donne le temps de revoir les fondations du système. L’objectif est de territorialiser le calcul de la taxe foncière, afin qu’il tienne mieux compte de la diversité des contextes économiques et immobiliers. Le ministère envisage une révision départementale des valeurs locatives, qui serviraient ensuite de base à un coefficient modulable selon les réalités locales : dynamisme démographique, attractivité économique, pression immobilière ou encore vacance des logements.

Cette orientation répond aussi à une demande forte des élus locaux. Ces derniers dénoncent depuis des années un manque de souplesse du dispositif national. Dans certains départements ruraux, la valeur locative cadastrale, qui détermine le montant de la taxe foncière, ne correspond plus à la réalité du marché immobilier. À contrario, dans les zones tendues, ces valeurs restent souvent sous-évaluées, créant un déséquilibre entre territoires.

Ainsi, le nouveau dispositif pourrait introduire une marge d’ajustement locale, autorisant chaque conseil départemental à adapter les coefficients de revalorisation dans une fourchette définie par l’État. Pour Sébastien Lecornu, cette réforme doit « restaurer la confiance entre l’État et les territoires », tout en évitant les hausses brutales subies par les contribuables ces dernières années.

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