Cela était attendu : le 12 mars 2025, Donald Trump a annoncé la suppression de plus de trente réglementations environnementales instaurées sous l’administration de Joe Biden. Présentée par ses partisans comme « la journée de déréglementation la plus importante de l’histoire des États-Unis », cette décision ravive les tensions politiques chez nos voisins d’outre-Atlantique, tout comme elle inquiète particulièrement les défenseurs de l’environnement.
Trump démantèle les normes écologiques américaines
Le 12 mars 2025, le président américain Donald Trump a annoncé une vaste offensive contre les mesures environnementales adoptées sous son prédécesseur Joe Biden, notamment celles imposant des restrictions aux centrales à charbon, rapporte l’AFP. Ces dernières devaient éliminer la quasi-totalité de leurs émissions de CO2 sous peine de fermeture, une disposition qui, selon l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), visait à prévenir l’émission de 1,4 milliard de tonnes de CO2 d’ici 2047, soit l’équivalent des rejets annuels de 328 millions de voitures.
L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), dirigée par Lee Zeldin, a décidé de revoir les exigences imposées aux constructeurs automobiles en matière de pollution. Les nouvelles règles prévues pour 2027, qui devaient renforcer les limites d’émissions des véhicules neufs, ont été considérablement assouplies dans le cadre de cette réforme.
Parallèlement, l’administration Trump a annoncé avoir modifié l’application de la loi sur les eaux propres (Clean Water Act). Cette nouvelle définition restreint désormais la protection fédérale à certaines masses d’eau jugées « permanentes ou à écoulement continu ». Ce changement pourrait exclure de nombreuses zones humides et de petits cours d’eau du cadre réglementaire, une décision dénoncée par des associations environnementales qui redoutent des conséquences négatives sur la biodiversité et les écosystèmes fragiles.
Une justification économique affirmée
Lee Zeldin a justifié cette série de décisions par des arguments économiques, notamment la reprise industrielle et énergétique des États-Unis, faisant ainsi écho aux critiques de Donald Trump, qui considère la transition écologique promue par Joe Biden comme une « supercherie coûteuse » : « Ces mesures permettront d’économiser des milliards de dollars, de réduire le coût de la vie et de rendre plus abordables l’achat d’une voiture et le chauffage des habitations. »
Cependant, cette offensive réglementaire suscite de vives réactions. L’organisation écologiste Evergreen Action dénonce une politique qui vise à « empoisonner des communautés déjà exposées à des niveaux alarmants de pollution ». Matthew Tejada, du Natural Resources Defense Council, accuse quant à lui l’EPA de faire reculer les États-Unis « à une époque de pollution incontrôlée ». De son côté, l’association Earthjustice prévient que la nouvelle définition du Clean Water Act pourrait priver de protection des millions d’hectares de zones humides, mettant en péril des écosystèmes fragiles et accroissant les risques de pollution et d’inondations.


