Cinq pays européens, dont la France, vont tester une application censée empêcher les mineurs d’accéder à certains contenus en ligne. Une première étape vers un encadrement renforcé de l’internet, voulu par Bruxelles.
Vérification de l’âge sur Internet : une réponse aux inquiétudes autour de l’accès des mineurs
Films pornographiques, jeux d’argent, plateformes de paris, ou encore achats de produits interdits aux moins de 18 ans : les mineurs peuvent encore très facilement accéder à ces contenus sur internet. Face à ce constat partagé, la Commission européenne a décidé d’agir.
Depuis le 14 juillet 2025, cinq pays pilotes – France, Espagne, Italie, Grèce et Danemark – expérimentent un nouveau système de vérification de l’âge, sous la forme d’une application simple à utiliser, relaye Le Point. Le but ? Limiter l’accès aux contenus réservés aux adultes, sans pour autant demander à chaque internaute de s’identifier en ligne.
Une application pensée pour protéger les mineurs… et la vie privée
Concrètement, l’application permet à un internaute de prouver qu’il a plus de 18 ans. Cela peut servir à accéder à un site de streaming pour adultes, à un jeu en ligne soumis à des limites d’âge, ou à tout autre service soumis à une réglementation. L’application ne révèle pas le nom, l’identité ni même l’âge exact de l’utilisateur – elle se contente de valider qu’il est majeur.
C’est justement cet équilibre entre protection des mineurs et respect de la vie privée qui est au cœur du projet. L’Europe veut éviter la mise en place de systèmes intrusifs ou centralisés, qui pourraient constituer une forme de surveillance généralisée. À la place, elle parie sur un outil volontaire, simple, et pensé pour s’intégrer à terme dans les futurs portefeuilles numériques nationaux.
Comment sera-t-elle utilisée ?
À ce stade, les utilisateurs volontaires dans les pays testeurs pourront utiliser l’application sur certains sites partenaires. Lorsqu’un service en ligne demandera une preuve de majorité, l’application enverra simplement une validation. Aucun autre détail ne sera transmis. Cette première phase permettra de tester le fonctionnement, la simplicité d’utilisation, la compatibilité avec les différents sites concernés, mais aussi l’adhésion du public. Les retours des utilisateurs seront essentiels pour décider si le système peut être généralisé à l’échelle de l’Union européenne.
Le test cible en priorité les sites diffusant des contenus pour adultes, au sens large : vidéos à caractère sexuel, jeux d’argent, mais aussi certains forums ou réseaux sociaux pouvant contenir des contenus sensibles. Avec, pour objectif final, d’imposer à toutes les plateformes une vérification de l’âge pour leur utilisation. Les réseaux sociaux classiques, comme Facebook ou Instagram, sont normalement interdits aux moins de 13 voire 15 ans, mais y créer un compte est toujours aussi simple. Or, le Digital Services Act (DSA), le nouveau règlement européen sur les services numériques impose depuis 2024 de nouvelles obligations aux grandes plateformes pour protéger les mineurs, en matière d’algorithmes, de publicité ciblée, et de contenus.
Avec cette application, l’Europe passe de la théorie à la pratique. Elle propose un outil concret, censé aider les plateformes à se conformer à la loi, sans qu’elles aient à collecter davantage de données personnelles.



