Le chocolat, autrefois vu comme un simple « produit d’impulsion », est maintenant considéré comme un article « de grande valeur » dans les supermarchés britanniques. Ce changement s’explique par une montée des vols à l’étalage, qui pousse les enseignes à revoir leurs méthodes de sécurité. Avec plus de 5,5 millions d’incidents de vol en 2025, les détaillants doivent trouver des moyens de protéger ces douceurs très convoitées, et l’intelligence artificielle pourrait offrir des solutions innovantes.
Des mesures anti‑vol repensées
Face à l’augmentation des vols, des chaînes comme Tesco, Co‑Op et Sainsbury’s Local ont mis en place de nouvelles protections pour leurs rayons. Les tablettes de chocolat se retrouvent désormais enfermées dans des dispositifs antivol : boîtes en plastique verrouillées ou transparentes ouvertes uniquement par le personnel, ou encore étiquettes et alarmes électroniques. Le but est de freiner le vol à l’étalage et de réduire les pertes économiques. En 2025, le British Retail Consortium a estimé que les vols ont coûté aux détaillants britanniques plus de 460 millions d’euros, confirme Ouest France.
Le phénomène dépasse le Royaume‑Uni, et la consommation de chocolat en France montre une tendance similaire. En France, un magasin Monoprix à Marseille a essayé de mettre les tablettes sous clé dès 2024. Le test n’a pas été concluant et les dispositifs ont été retirés par la suite.
Des chiffres qui font réfléchir et des pertes qui pèsent
Les données sont parlantes : le vol de chocolat est devenu un vrai problème pour les détaillants et pèse lourd sur leurs finances. Le groupe Heart of England Co-Op a déclaré des pertes de 286 000 euros rien qu’en chocolat. Une commerçante galloise a aussi signalé des pertes hebdomadaires comprises entre 230 et 340 euros. Sur cinq ans, les détaillants ont investi plus de 5,75 milliards d’euros dans des mesures de sécurité, sans pour autant endiguer nettement la vague de vols.
Sur le terrain, des commerçants comme Paul Cheema, propriétaire de supérettes à Coventry, et Sunita Aggarwal, qui gère deux supérettes, racontent parfois des scènes violentes avec certains voleurs. Le chocolat, ainsi que d’autres produits comme l’alcool et la viande, est souvent dérobé puis revendu sur des marchés illicites, finançant parfois des activités criminelles plus larges. La police et l’Association des supérettes confirment que le chocolat est devenu une cible fréquente pour les délinquants prolifiques.
Réactions et décisions sur le terrain
Pour essayer de limiter les pertes, supermarchés et supérettes ont durci les règles : glissières en plastique sur les étagères, plaques de sécurité, remplissage restreint des rayons, etc. L’utilisation d’antivols sur des produits alimentaires provoque des réactions partagées, de l’exaspération des clients sur les réseaux sociaux à la détermination des commerçants à protéger leurs biens. Comme le souligne Paul Cheema : « Le chocolat est le nouveau mot à la mode pour désigner le crime organisé ».
L’expérience en France montre que le problème n’est pas seulement local et reflète une tendance mondiale à surveiller de près. L’exemple peu concluant de Monoprix peut servir de leçon pour de futures initiatives visant la prévention de la criminalité dans le commerce de détail.




