Les locations touristiques, surtout sur la Côte d’Azur et en PACA, se retrouvent de plus en plus confrontées à un vrai souci : le squat. Ce phénomène dérange non seulement les proprios, mais perturbe également tout le secteur de la location de vacances. Grâce à des plateformes comme Airbnb, certains individus malintentionnés réussissent à s’installer illégalement dans des logements, créant une situation préoccupante tant sur le plan juridique qu’économique.
Une méthode bien huilée
Les squatteurs commencent souvent par réserver légalement un logement pour un ou deux jours via une plateforme de location. Une fois sur place, ils s’installent et se comportent comme s’ils en avaient toujours eu le droit. Ils transforment l’appartement en y ajoutant leurs affaires personnelles, changent les serrures et même font passer le compteur électrique à leur nom. Pour justifier leur présence prolongée, ils évoquent des « circonstances personnelles », ce qui complique toute expulsion rapide. Ils programment leur départ pendant la trêve hivernale, quand il est presque impossible de les mettre dehors avant le printemps.
Un cadre légal mal adapté
La législation actuelle ne permet pas aux propriétaires de récupérer rapidement leur bien. La loi « anti-squat » du 27 juillet 2023 ne s’applique pas ici, car le propriétaire a lui-même autorisé l’entrée au départ. Les occupants ne sont donc pas considérés comme des squatteurs au sens strict. Du coup, les proprios doivent souvent s’engager dans une procédure judiciaire longue et coûteuse, sans possibilité d’expulsion rapide. Mieux vaut ne surtout pas essayer de récupérer le logement par soi-même, sous peine de risquer jusqu’à trois ans de prison et 30 000 euros d’amende pour violation de domicile.
Un effet économique lourd de conséquences
Les répercussions financières pour les propriétaires sont sérieuses, mais la saisie sur salaire n’est pas une solution applicable dans le cas des squatteurs. Le logement reste bloqué pendant toute la durée du squat, ce qui fait perdre une saison touristique complète et élimine les revenus attendus. Cette situation montre bien les risques liés à la location saisonnière dans l’économie du partage, où l’encadrement des loyers pourrait influencer la dynamique du marché.
Les réactions et pistes de solution
Face à ce problème grandissant, Airbnb a exprimé son inquiétude et a pris plusieurs mesures. La plateforme promet de supprimer les annonces et les comptes concernés tout en coopérant avec les forces de l’ordre pour faciliter les investigations. « Dans le cas exceptionnellement rare où un problème comme celui-ci nous est signalé, nous agissons », a indiqué Airbnb. Quant aux avocats, ils proposent des solutions comme établir un contrat spécifique entre le propriétaire et le locataire pour accélérer les décisions en référé, tout en tenant compte de la protection des locataires, éviter les locations de plus de 90 jours, renforcer les vérifications d’identité sur les plateformes, installer des serrures connectées et surveiller de près les profils sans historique.
Des journaux comme Nice-Matin ont d’ailleurs relaté plusieurs cas kafkaïens vécus par des propriétaires démunis, illustrant une forme de précarité énergétique due à l’occupation illégale. Ces témoignages appellent à une réflexion approfondie sur le système de la location saisonnière afin de protéger au mieux les hôtes comme les locataires.




