77 % des citoyens veulent couper les allocs aux parents de mineurs délinquants

77 % des Français soutiennent la suppression des allocations familiales pour les parents de mineurs délinquants. Découvrez les résultats surprenants de ce sondage qui secoue les opinions et pourrait changer le paysage social.

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Le débat sur la suppression des allocations familiales pour les parents de mineurs délinquants
77 % des citoyens veulent couper les allocs aux parents de mineurs délinquants | journaldeleconomie.fr

Un sondage récent mené par l’institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD se penche sur un sujet qui fait jaser : supprimer les allocations familiales pour les parents de mineurs délinquants. Ce thème, qui ne laisse personne indifférent, divise fortement l’opinion en France. Les chiffres publiés le 9 février montrent que cette idée pourrait toucher de nombreuses familles à travers le pays (même si on ne parle pas ici d’un effet massif mais d’une transformation notable).

Une majorité qui soutient la proposition

L’enquête a été réalisée les 6 et 7 février sur un panel de 1.000 personnes âgées de plus de 18 ans grâce à un questionnaire en ligne auto-administré, choisi selon la méthode des quotas pour assurer sa représentativité. Le résultat ? 77 % des Français seraient partants pour cette mesure.

En creusant un peu, on voit que 76 % des hommes et 78 % des femmes sont favorables à retirer les allocations familiales aux parents tenus pour responsables du comportement délinquant de leurs enfants. Cette quasi-unanimité montre bien que le sujet trouve un écho similaire auprès des deux sexes.

Les chiffres varient aussi avec l’âge. Chez les 18-24 ans, 64 % se disent en faveur de la mesure. Ce pourcentage monte ensuite : 75 % chez les 25-34 ans, 81 % chez les 35-49 ans, et frise le sommet avec 82 % pour les 50-64 ans. Pour les plus de 65 ans, le soutien chute un peu à 75 %, ce qui témoigne d’un engouement global, même si la tendance change légèrement chez nos aînés.

Des soutiens qui varient selon le profil social et politique

Du côté des catégories socioprofessionnelles, on note que les CSP+ sont 81 % favorables à la mesure. Un peu moins du côté des CSP- avec 79 %, tandis que les inactifs affichent un soutien notable de 73 %.

Sur le plan politique, le tableau est plus contrasté. À droite, l’adhésion est presque unanime. La majorité présidentielle soutient à 78 %, la droite traditionnelle grimpe jusqu’à 90 % des électeurs des Républicains (LR), et le Rassemblement National (RN) ou les électeurs de l’extrême droite affichent même 94 % d’adhésion. À l’opposé, la gauche est divisée : seulement 46 % y sont pour, avec La France Insoumise (LFI) où le soutien descend à 37 %. Du côté du Parti Socialiste (PS), on trouve environ 47 % en faveur contre 52 % d’opposants, et pour Europe Écologie Les Verts (EELV) la majorité relative se penche sur 59 % en appui (ceci montre bien qu’au sein des partis de gauche, les avis ne se font pas toujours un lapin).

Un débat qui se poursuit

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a fait part de son soutien à cette idée, expliquant sur Europe1 qu’il s’agirait d’une manière de responsabiliser « les familles qui n’assument pas la responsabilité de leurs mineurs » (cette remarque soulève bien des questions sur la gestion des comportements déviants chez les jeunes). Pourtant, malgré cet aval gouvernemental, la proposition a été rejetée le 29 janvier en commission des affaires sociales. Défendue par le groupe Droite Républicaine, elle prévoyait des suspensions progressives en fonction de la gravité des faits reprochés.

Il se pourrait que le texte soit à nouveau examiné au Parlement lors de la niche prévue le 6 février par la droite, même si un ordre du jour bien rempli risque de brouiller les pistes dans l’hémicycle.

La mesure reste donc en suspens et alimente toujours le débat sur la manière dont l’État doit gérer les comportements délinquants chez les mineurs et sur la façon de concilier sanctions à l’encontre des parents et soutien financier destiné aux familles vulnérables (les discussions sont loin d’être terminées, et chacun est invité à suivre l’évolution de ce dossier qui pourrait bien redessiner certains aspects de notre société).

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