Progression inattendue de la croissance, malgré une consommation modeste

L’économie française a enregistré une progression de 0,3 % au deuxième trimestre de 2024, selon les données publiées par l’Insee. Ce chiffre, qui se situe dans la fourchette haute des estimations, dépasse les prévisions initiales.

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Une croissance solide au deuxième trimestre

L’institut a également révisé à la hausse la croissance des trimestres précédents : 0,4 % pour le quatrième trimestre 2023 et 0,3 % pour le premier trimestre 2024. Ainsi, la croissance cumulée atteint déjà 1 % pour l’année en cours, rendant l’objectif de 1,1 % pour 2024 aisément atteignable.

Malgré cette dynamique positive, la consommation des ménages reste timide, particulièrement dans le secteur alimentaire où les dépenses continuent de baisser (-1,6 % au deuxième trimestre). Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture à l’Insee, souligne que les ménages semblent ne pas avoir intégré la stabilisation des prix alimentaires, malgré l’atténuation de l’inflation. Ce phénomène pourrait être attribué à un « effet retard » ou à de nouveaux comportements de consommation, comme le choix de produits moins chers.

Les dépenses en biens manufacturés ont légèrement augmenté (+0,6 %), principalement en raison de la reprise des achats automobiles. Les services, tels que les transports et la restauration, ont également connu une progression modeste (+0,5 %), permettant à la consommation globale de rester stable sur le trimestre.

Le commerce extérieur a joué un rôle crucial dans la croissance du deuxième trimestre, avec une contribution positive de 0,2 % grâce à une augmentation des exportations (+0,6 %). Ce dynamisme est notamment porté par la livraison d’un nouveau navire et les ventes dans le secteur aéronautique.

Le commerce extérieur et les investissements : moteurs de la croissance

Du côté des investissements, les entreprises ont renoué avec la croissance (+0,1 %), tandis que l’investissement public a également augmenté (+0,3 %), soutenu par les dépenses des collectivités locales en période électorale. En revanche, l’investissement résidentiel reste en difficulté (-0,5 %), toujours pénalisé par des taux d’intérêt élevés. La production nationale a rebondi de 0,5 % au printemps, tirée par le secteur des services. Cependant, l’industrie manufacturière et la construction ont enregistré des baisses respectives de 0,4 % et 0,7 %, impactées par la crise immobilière.

Alors que l’année 2024 a démarré sur une note positive, les perspectives pour les mois à venir restent incertaines. La dissolution de l’Assemblée nationale et les incertitudes politiques pourraient freiner la croissance. Une situation qui pourrait amputer la croissance de 0,1 à 0,2 point au troisième et au quatrième trimestre. De plus, le débat budgétaire et les potentielles hausses d’impôts pèsent sur la confiance économique.

Cependant, une amélioration de la situation politique et une poursuite du reflux de l’inflation pourraient soutenir une reprise de la consommation des ménages. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, insiste sur la nécessité de stabiliser la situation politique pour soutenir l’économie. « Plus vite nous aurons un gouvernement, mieux ce sera pour l’économie française », a-t-il déclaré, tout en soulignant l’importance de ne pas revenir sur les réformes clés comme celle des retraites.

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