Education nationale : Une colère croissante face aux suppressions de postes
Ce qui cristallise la colère des syndicats est la suppression de 4 030 postes d’enseignants prévue dans le budget 2025, dont 3 155 dans le primaire. Le gouvernement justifie cette décision par une baisse de la démographie scolaire, expliquant que le nombre d’élèves diminuera de 97 000 à la rentrée prochaine. Ces suppressions viseraient à ajuster les ressources humaines en fonction de cette nouvelle réalité, tout en promettant un nombre d’élèves par classe historiquement bas, à 21,4 élèves en moyenne.
Pour les syndicats, cet argument ne convainc pas. Ils estiment que cette réduction d’effectifs aurait dû être une opportunité pour améliorer les conditions d’enseignement en allégeant réellement les classes et en investissant davantage dans les infrastructures et les personnels. À leurs yeux, la suppression de postes renforce un sentiment d’abandon et de dégradation continue des conditions de travail dans les établissements scolaires.
La menace d’une grève longue et paralysante
Le dépôt d’une alerte sociale signifie que les syndicats sont prêts à aller plus loin. Si le gouvernement ne répond pas favorablement à leurs revendications, un préavis de grève sera déposé pour le 4 novembre 2024, marquant le début d’un mouvement potentiellement long et perturbateur. Selon les syndicats, la fermeture de milliers de postes en pleine crise des vocations est une « ligne rouge » franchie par le gouvernement.
Cette grève, si elle a lieu, pourrait paralyser des milliers d’écoles, collèges et lycées sur plusieurs mois. Ce mouvement unitaire regroupe plusieurs grandes organisations syndicales, telles que la FSU, CGT, FO, UNSA et SUD, et vise à forcer le gouvernement à revoir sa copie budgétaire. Pour les enseignants, il ne s’agit pas seulement d’un ajustement technique, mais d’un enjeu majeur pour l’avenir de l’école publique en France.
La ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet, a tenté de désamorcer la crise en suggérant que des ajustements pourraient être faits lors des débats parlementaires. Toutefois, ces propos n’ont pas calmé les syndicats, qui exigent des garanties immédiates et la suspension des suppressions de postes.


