Kering en crise : une année 2024 catastrophique

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Kering en crise : une année 2024 catastrophique © journaldeleconomie.fr

Le groupe de luxe Kering traverse une passe difficile, marquée par une chute importante de ses résultats et des perspectives incertaines. Ses marques phares, en particulier Gucci, connaissent un net ralentissement dans un contexte économique tendu, notamment en Chine.

Un effondrement historique des résultats pour Kering

Le groupe de luxe Kering a enregistré une chute brutale de ses résultats en 2024. Son chiffre d’affaires a reculé de 12 %, atteignant 17,1 milliards d’euros, tandis que son bénéfice net s’est effondré de 62 %. La marque phare du groupe, Gucci, a connu une dégringolade de 21 % de ses ventes, les ramenant à 7,6 milliards d’euros. Yves Saint Laurent n’est pas en reste avec une baisse de 9 %. « Nous savions que les choses ne seraient pas faciles, mais la situation a été encore plus difficile que ce que nous avions anticipé », a admis le PDG François-Henri Pinault lors de la présentation des résultats annuels.

L’exercice 2025 ne commence pas sous de meilleurs auspices. Malgré quelques signaux positifs aux États-Unis, le marché mondial du luxe reste sous pression, notamment en Chine, où les ventes du Nouvel An chinois n’ont pas été à la hauteur des espérances. Jean-Marc Duplaix, directeur adjoint chargé des finances, anticipe un premier trimestre aussi difficile que la fin de l’année 2024.

Face à cette situation, Kering engage une restructuration de grande ampleur. Le groupe a déjà pris des décisions majeures, à commencer par le limogeage de Sabato de Sarno, directeur artistique de Gucci, moins de deux ans après son arrivée. « Cette phase de redémarrage exigeait une nouvelle direction artistique », a justifié M. Pinault, sans donner d’indications sur son successeur. En parallèle, Kering a nommé trois nouveaux directeurs généraux à la tête de Gucci, Saint Laurent et Balenciaga.

Un remaniement en profondeur pour espérer une relance

Le groupe mise également sur un vaste plan d’économies. Après une réduction de 5 % des coûts en 2024, un effort similaire est prévu cette année. Parmi les mesures annoncées : optimisation des contrats de transport, baisse des dépenses en communication et, surtout, fermeture de 50 points de vente, dont un tiers d’outlets. L’objectif est de concentrer les ventes dans les boutiques en propre et via le e-commerce.

Au-delà des restructurations, Kering cherche à renforcer la « désirabilité » de ses marques. Chez Gucci, le groupe prévoit de « rafraîchir » sa gamme de sacs iconiques. La stratégie de diversification se poursuit aussi avec la montée en puissance de la division lunettes, qui a généré 1,6 milliard d’euros en 2024, et le développement d’une activité parfums, avec le lancement de fragrances Balenciaga.

Enfin, Kering mise sur le cinéma pour accroître sa visibilité. La filiale Saint Laurent Productions, créée en 2022, pourrait voir l’un de ses films, « Emilia Perez », récompensé aux Oscars. Un éventuel succès offrirait une exposition inédite à la marque.

Si Kering estime avoir touché le fond, la stabilisation de ses ventes en 2025 reste incertaine. Son avenir repose sur une exécution rigoureuse des réformes engagées et sur sa capacité à renouer avec une clientèle de plus en plus sollicitée par la concurrence.

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