Le constructeur aéronautique européen Airbus affiche une santé florissante en 2024, porté par une demande solide et des performances financières en hausse. Pendant ce temps, son rival américain Boeing traverse une crise majeure, avec des pertes historiques et des difficultés de production.
Une année de croissance pour Airbus
Malgré une année marquée par des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, Airbus a réussi à consolider sa position de leader de l’industrie aéronautique. En 2024, l’avionneur européen a enregistré un bond de 12 % de son bénéfice net, atteignant 4,2 milliards d’euros. Son chiffre d’affaires a également progressé de 6 %, pour s’établir à 69,2 milliards d’euros.
La demande pour les avions commerciaux Airbus reste forte, avec 766 livraisons en 2024 et un objectif de 820 appareils pour 2025. Les commandes nettes, bien qu’en baisse par rapport à l’année précédente (826 contre 2.094 en 2023), permettent à Airbus d’afficher un carnet de commandes de 8.658 avions, assurant ainsi une visibilité à long terme.
Airbus Helicopters a également bénéficié d’une croissance notable, avec 450 commandes nettes enregistrées contre 393 en 2023, confirmant l’engouement pour ces appareils. « Nous avons respecté nos prévisions pour 2024, une année éprouvante pour Airbus », a déclaré Guillaume Faury, PDG de l’entreprise.
De l’autre côté de l’Atlantique, Boeing traverse une période difficile. L’avionneur américain a enregistré une perte nette de 11,82 milliards de dollars en 2024, la plus lourde depuis 2020, en raison de problèmes de qualité et d’une grève prolongée de plus de cinquante jours dans deux usines cruciales.
Boeing au plus bas, un marché en recomposition
Avec seulement 348 avions livrés sur l’année, le constructeur a atteint son plus bas niveau de production depuis 2021. Conséquence directe : Airbus a capté près des deux tiers des ventes mondiales d’avions commerciaux en 2024, un chiffre bien supérieur au partage traditionnel du marché à parts égales entre les deux constructeurs. Selon une analyse du cabinet Roland Berger, Airbus pourrait détenir 58 % du marché moyen-courrier en 2030 contre 39 % pour Boeing, si ce dernier ne parvient pas à redresser la barre.
Toutefois, la situation critique de Boeing n’est pas sans conséquences pour Airbus. Les deux avionneurs partagent de nombreux fournisseurs, comme l’équipementier français Latecoere et l’américain Spirit AeroSystems, tous deux fragilisés par la crise du groupe américain. Airbus a dû intervenir pour stabiliser ces partenaires stratégiques, notamment en soutenant Latecoere financièrement et en rachetant certaines installations de Spirit AeroSystems liées à la production de fuselages et d’ailes.
Malgré ces succès, Airbus doit faire face à des incertitudes dans sa division défense et spatial. L’entreprise a inscrit une charge supplémentaire de 300 millions d’euros au quatrième trimestre 2024, portant à 2 milliards d’euros les provisions sur deux ans. Le programme militaire A400M reste sous pression, avec une charge nette de 121 millions d’euros en 2024, et pourrait être abandonné en 2028 faute de commandes suffisantes. « Nous devons obtenir plus de visibilité au-delà de l’horizon des trois prochaines années », a indiqué Guillaume Faury.



