Face à la hausse des droits de douane décidée par Washington sur les produits canadiens, plusieurs provinces ont pris des mesures immédiates dès mardi 4 mars 2025. Elles ont ordonné le retrait des alcools américains des magasins d’État sous leur contrôle dès le 4 mars 2025.
Quatre provinces canadiennes bannissent les alcools américains
L’augmentation des tarifs douaniers américains sur l’aluminium (10 % à 25 %), l’acier (5 % à 20 %) et les produits laitiers (15 % à 35 %) a déclenché une réaction on ne peut plus rapide de la part des autorités provinciales canadiennes. Depuis le 4 mars 2025, quatre d’entre elles : l’Ontario, le Québec, le Manitoba et la Colombie-Britannique, ont décidé de retirer les alcools américains des magasins d’État.
La Liquor Control Board of Ontario (LCBO) et la Société des alcools du Québec (SAQ) ont mis en place cette interdiction, empêchant les détaillants et restaurants de se réapprovisionner en whiskys du Kentucky, bourbons américains et vins de Californie. Le même bannissement a été opéré de la part des autres provinces canadiennes précitées, à la différence que les provinces maritimes et celle de la Colombie-Britannique ont décidé, pour leur part, de ne cibler que les alcools provenant des États républicains.
Le Distilled Spirits Council of the United States (DISCUS) indique que le Canada est le deuxième marché d’exportation des spiritueux américains, avec 221 millions de dollars américains d’exportations en 2024. Le retrait des alcools américains des magasins d’État prive ainsi les producteurs américains de leur deuxième plus gros marché après celui de l’Union européenne.
Des représailles qui pourraient dépasser le secteur des alcools
Comme le rapportent nos confrères de ICI Radio-Canada, l’Ontario n’en est pas resté au « simple » bannissement des alcools américains de ses rayons. La province canadienne, en effet, viendrait d’annuler un contrat de 100 millions de dollars avec Starlink, l’entreprise d’Elon Musk, du fait qu’il soit proche du président américain, et qu’il ait effectué une partie de ses études au Canada. Doug Ford a également évoqué la possibilité d’imposer une surtaxe de 25 % sur l’exportation d’électricité vers les États du nord des États-Unis, ou encore de stopper les approvisionnements énergétiques en direction de son voisin.
Ces tensions économiques ne se limitent pas au Canada. Donald Trump a relevé les tarifs douaniers sur les produits européens et chinois. En réaction, la Chine a annoncé des restrictions commerciales ciblant des secteurs stratégiques américain. L’Union européenne, quant à elle, prépare sa riposte. À peine un mois après son arrivée au pouvoir, Donald Trump aura déjà bouleversé les relations commerciales internationales. Et au vu de sa politique protectionniste et de ses déclarations, la guerre économique ne fait que commencer.

