Le coût des allègements fiscaux pour les grandes entreprises : une évaluation de 207 milliards d’euros

Le chiffre avancé par Attac repose sur un chiffrage détaillé des principales réformes fiscales engagées depuis l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017.

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Un nouvel impôt minimal différentiel en projet en France
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Selon une note publiée en mars 2025 par l’association Attac en collaboration avec le CADTM, les mesures fiscales favorables aux grandes entreprises et aux ménages les plus aisés auraient entraîné une perte de recettes de 207 milliards d’euros pour l’État français sur la période 2018-2023. Cette estimation correspond à environ un quart de l’augmentation de la dette publique enregistrée depuis 2017.

Origine de l’estimation : une compilation de mesures fiscales sur six ans

Le chiffre avancé par Attac repose sur un chiffrage détaillé des principales réformes fiscales engagées depuis l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017. Les auteurs du rapport ont retenu plusieurs catégories de mesures ayant un impact direct sur les recettes publiques :

  • La suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et son remplacement par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).
  • La mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital.
  • La baisse progressive du taux d’impôt sur les sociétés, passé de 33,3 % à 25 %.
  • La réduction des cotisations sociales patronales sur les bas et moyens salaires.
  • Diverses exonérations fiscales sectorielles et dispositifs d’optimisation accessibles aux grands groupes.

L’ensemble de ces mesures, selon le rapport, représente un manque à gagner fiscal net cumulé de 207 milliards d’euros sur six ans, soit environ 34,5 milliards d’euros par an en moyenne.

Une répartition concentrée sur les grandes entreprises et les hauts patrimoines

L’analyse montre que ces réductions d’impôt ont surtout bénéficié à des acteurs économiques disposant d’un capital important ou d’un fort pouvoir d’optimisation fiscale. Le rapport met en avant le cas des grandes entreprises françaises, notamment les groupes du CAC 40, qui ont pu abaisser leur taux effectif d’imposition bien en dessous du taux légal.

La suppression de l’ISF aurait également engendré une concentration des gains fiscaux au sein des 1 % les plus riches, avec un impact limité sur l’investissement domestique ou l’emploi selon les auteurs du document.

Un impact important sur la dette publique

Attac relie directement ces baisses de recettes fiscales à l’évolution de la dette publique française. Sur la période étudiée, la dette a augmenté d’environ 950 milliards d’euros. Le rapport affirme qu’un quart de cette progression, soit 207 milliards d’euros, est imputable aux mesures fiscales analysées, en l’absence de compensation équivalente par d’autres prélèvements ou par une hausse de la croissance. L’association estime que ces choix ont pesé sur la capacité de l’État à financer ses missions fondamentales, tout en participant à l’aggravation des inégalités socio-économiques.

Afin d’inverser la tendance, Attac formule plusieurs propositions pour améliorer l’équité fiscale et renforcer les capacités de financement public :

  • Réinstauration d’un impôt sur la fortune incluant les actifs financiers.
  • Taxation des superprofits et des dividendes exceptionnels.
  • Introduction d’une taxe sur les transactions financières.
  • Lutte renforcée contre la fraude et l’évasion fiscales.

Ces recommandations s’inscrivent dans une volonté de rééquilibrage fiscal, en redéfinissant les priorités budgétaires et les sources de financement de la dépense publique.

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