Le Parlement ukrainien a acté un virage économique majeur. En validant à l’unanimité, jeudi 8 mai 2025, l’accord d’exploitation portant sur les minerais et autres ressources stratégiques de l’Ukraine avec les États-Unis, Kyiv officialise une nouvelle architecture de financement post-guerre. Un partenariat sans dette, mais à haute intensité stratégique.
Reconstruire l’Ukraine sans l’endetter
Adopté le 8 mai 2025 à l’unanimité par les 338 députés du Parlement ukrainien, l’accord avec Washington scelle un accès étendu des États-Unis aux ressources naturelles ukrainiennes. Ce texte couvre 57 matières premières clés, incluant des terres rares, le gaz naturel et le pétrole. L’enjeu ? Transformer le sous-sol ukrainien en moteur de financement de la reconstruction nationale, sans recourir à un endettement massif.
Au centre du dispositif : un fonds d’investissement bilatéral qui sera financé par les redevances issues de l’exploitation des ressources stratégiques ukrainiennes. Les revenus générés seront versés pour moitié dans ce fonds cogéré, où l’Ukraine et les États-Unis disposeront d’un pouvoir de décision égalitaire. Aucune distribution de dividendes ne sera possible avant dix ans, une clause destinée à garantir la réinjection maximale des capitaux dans les infrastructures détruites par la guerre.
Un accord gagnant-gagnant ?
Contrairement à ce que Donald Trump avait exigé en février — une conversion de l’aide militaire américaine en une dette équivalente à 500 milliards de dollars — le texte ratifié exclut toute forme d’endettement. « L’accord ne mentionne aucune dette, mais uniquement des investissements », a en effet tenu à souligner Ioulia Svyrydenko (Libération). Les financements proviendront notamment de l’International Development Finance Corporation, et des opérateurs privés américains spécialisés dans l’énergie, les technologies d’extraction et la logistique.
En revanche, si l’Ukraine conserve la propriété juridique de ses ressources, elle accepte une forme de dépendance économique contrôlée, sous forme de licences d’exploitation, d’obligations de transfert technologique et d’accès préférentiel au marché. L’architecture de l’accord reflète un modèle d’économie de guerre restructurée, où le capital étranger devient l’un des piliers de la résilience financière, sans qu’aucune garantie militaire n’ait été négociée en échange. Une absence qui ne manque pas de laisser planer une certaine incertitude sur la sécurité du pays.


