Retraités : la fin de l’abattement de 10% pourrait vous coûter cher

La suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur les retraites pourrait toucher près de 500 000 retraités, les plongeant dans l’imposition.

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Retraités : la fin de l'abattement de 10% pourrait vous coûter cher
Retraités : la fin de l’abattement de 10% pourrait vous coûter cher © journaldeleconomie.fr

Le gouvernement français envisage de supprimer l’abattement fiscal automatique de 10 % sur les pensions de retraite, une mesure qui pourrait entrer en vigueur dès l’année prochaine. Cette idée s’inscrit dans une démarche visant à réduire les niches fiscales et à réaliser des économies budgétaires importantes, avoisinant les 5 milliards d’euros. Le débat sur cette proposition est prévu pour le budget 2026 et promet de susciter de vives discussions tout au long de 2025.

Présentation de l’abattement fiscal

Actuellement, l’abattement fiscal permet aux retraités de bénéficier d’une déduction automatique de 10 % sur leurs pensions, avec un plafond fixé à 4 399 euros par foyer fiscal. Institué en 1978, cet avantage avait pour but de compenser la baisse des revenus à la retraite ainsi que le risque de sous-déclaration des pensions. Aujourd’hui, alors que le gouvernement s’efforce de rationaliser les dépenses publiques, cet abattement se retrouve dans la ligne de mire.

L’idée de suppression vise à alléger la charge fiscale globale du pays en supprimant certaines niches fiscales jugées désuètes ou injustifiées. Toutefois, cette mesure pourrait avoir des répercussions importantes pour les retraités, notamment ceux aux revenus modestes.

Conséquences pour différents profils de retraités

Retraités non imposables

Pour ceux qui ne payent actuellement pas d’impôt, supprimer l’abattement pourrait les faire basculer dans l’imposition. Par exemple, une dame âgée de 67 ans et vivant seule avec une pension mensuelle totale de 1 455 euros, ne serait plus non imposable sans cet avantage. Elle se verrait alors contrainte de payer 64 euros d’impôt.

Couples et retraités modestes déjà imposables

Les couples ne seraient pas épargnés non plus. Un couple percevant jusqu’à 2 700 euros par mois pourrait devenir imposable si leurs revenus annuels dépassent les 32 581 euros. Par ailleurs, un homme, retraité et gagnant 1 662 euros par mois (actuellement imposé à hauteur de 142 euros par an), verrait sa facture fiscale grimper à 460 euros en l’absence de l’abattement.

Retraités aisés

Même les retraités plus aisés ne sont pas hors jeu. Une retraitée qui déclare 60 000 euros par an en pensions, verrait son impôt passer de 9 846 euros à 11 165 euros. À noter que ceux qui perçoivent plus de 43 990 euros ne profitent pas entièrement du plafond en vigueur.

Réactions politiques et conséquences élargies

La suppression envisagée ferait également évoluer le revenu fiscal de référence (RFR) et influencerait l’accès au livret d’épargne populaire (LEP) ainsi que la taxe foncière. Les taux de contribution sociale généralisée (CSG) pourraient aussi être révisés. Lors d’une interview accordée au Parisien, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, n’a pas manqué de mentionner cette possibilité, face à l’inquiétude grandissante autour de l’aide cruciale pour les retraités.

Sur le plan politique, l’opposition ne cache pas ses désaccords : la plupart des responsables politiques critiquent cette proposition, la jugeant trop radicale pour les retraités aux moyens limités.

Retombées économiques et sociales

Avec la fin de cet abattement fiscal, environ 500 000 retraités pourraient se retrouver à payer l’impôt alors qu’ils ne le faisaient pas auparavant. Pour un couple avec une pension annuelle combinée de 40 000 euros, la charge fiscale passerait de 609 euros à 1 248 euros, tandis qu’un foyer avec des revenus atteignant 65 000 euros verrait sa facture augmenter de 1 320 euros.

Au-delà des chiffres, la suppression de cet avantage pourrait entraîner la perte de certaines aides, comme celles au logement ou la complémentaire santé solidaire, affectant potentiellement près d’un demi-million de retraités supplémentaires.

1 réflexion au sujet de « Retraités : la fin de l’abattement de 10% pourrait vous coûter cher »

  1. On a déjà donné. En 2018 augmentation de la CSG. + La suppression de l’APL de 2€ qui a entraîné une augmentation des surloyers par les bailleurs public de HLM.
    Conséquence sur 2 quinquennats perte de revenus -11 000 € environ. Et je tiens compte de l’année blanche ( les milliardaires ont été bien contents) et des diminution d’impôts des dernières années. Cette année I/R 20025/2024 + 126€ d’impôts
    La suppression des 10% aura pour conséquence une augmentation du RFR et donc une augmentation des surloyers calculés à partir de ce dernier. Les subventions accordées aux entreprises sont aussi de l’argent public versées sans contrôle de leur utilisation. + de 200 Milliards d’euros en constante augmentation chaque année. Subventions = prêts accordés sans remboursements ni prélèvements sociaux.
    Je propose un prélèvement à la source de 10% au titre de la CSG et de 2% de CRDS pour toutes les subventions nationales, européennes, internationales versées aux entreprises. Je propose une sanctuarisation de retraites versées jusqu’à 4 000€ par retraité. Au delà une possible évolution de prélèvements. De la Quiétude et du respect pour les anciens et non du stress et la peur du lendemain. Nous avons bien donné et bien participé. Ce n’est pas pour en être punis.
    ça suffit toute cette propagande de commentateurs, groupe de pression financés par le patronat, extrémistes libéraux voulant la peau des retraités, C’est combien déjà la réduction fiscales de ces journalistes et leur fiscalité avantageuses. C’est combien le montant des subventions accordés aux mass médias y compris ceux faisant des bénéfices et/ou appartenant à des groupes dont le résultat consolidé est largement excédentaire. ??

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